Haute-Garonne : Va-t-on un jour pouvoir enterrer les cendres d’un proche dans la forêt cinéraire d’Arbas ?

SOCIETE Le premier projet de forêt cinéraire, où l’on peut enterrer une urne funéraire biodégradable, n’a toujours pas reçu le feu vert de l’Etat alors que les premières cérémonies sont programmées

Béatrice Colin

— 

Des arbres de la première forêt cinéraire de France,  se trouve en Haute-Garonne.
Des arbres de la première forêt cinéraire de France, se trouve en Haute-Garonne. — Cime'Tree
  • En février dernier, la mairie d’Arbas, au sud de la Haute-Garonne, décidait de créer la première forêt cinéraire de France.
  • Ce projet porté par Cime-Tree doit permettre d’enterrer au pied d’arbres les urnes funéraires biodégradables des défunts.
  • Alors que plusieurs emplacements sont réservés, les services de l’Etat mettent du temps à donner leur feu vert au grand dam des élus d’Arbas et de la porteuse du projet.

Ce devait être la première forêt cinéraire de France. Un lieu unique aux confins des Pyrénées, où les particuliers auraient la possibilité de réserver une place pour y déposer au pied d’un arbre une urne biodégradable avec les cendres d’un défunt.

Ce projet, né il y a quelques années dans la tête d’Elia Conte-Douette, la fondatrice de Cime-Tree, a trouvé un écho favorable à Arbas il y a plusieurs mois. En février, la municipalité a décidé de se lancer et a identifié la forêt de la Fontaine de l'ours pour abriter ce nouvel espace de recueillement. Depuis, plusieurs des 216 emplacements ont été réservés par des personnes convaincues par cette alternative écologique aux columbariums et autres jardins du souvenir.

Mais a priori, l’idée n’a pas fait son chemin partout. Jeudi dernier, veille de la Toussaint, la mairie a reçu un coup de fil de la sous-préfecture de Saint-Gaudens lui annonçant que le feu vert n’était toujours pas donné au projet.

Analyse juridique en cours

« Seul un conseil de prudence a été adressé à la mairie, l’analyse juridique est en cours au ministère de l’Intérieur, qui n’a pas donc pas encore statué », précise les services de l’Etat sollicités par 20 Minutes.

« Pourtant tout était cadré au niveau juridique, nous avons regardé la faisabilité avec un cabinet d’avocats. Nous avions programmé des cérémonies et il y a une vraie demande sociale. C’est un projet éthique, qui fait aussi évoluer la perception de la mort. Pour les communes, c’est aussi moins de coûts et cela permet de protéger leurs forêts », plaide Elia Conte-Douette, la fondatrice de Cime-Tree dont l’idée à d’ores et déjà séduit d’autres communes.

A Arbas, les élus sont bien décidés à voir aboutir le projet. « Cela fait trois ans que nous travaillons dessus et c’est de la compétence du conseil municipal. Nous avons pris une délibération en février et nous n’avons pas eu de retour depuis alors que notre dossier est au ministère depuis des mois. Nous attendons leurs observations, mais s’il y a un vide juridique, ce n’est pas de notre fait », argumente François Arcangeli, le premier adjoint de la commune.

Pour ce dernier, « la lenteur de la réponse de l’Etat » est avant tout « dommageable pour les familles qui attendent ».