Municipales 2020 à Toulouse : Comment (et pourquoi) une habitante tirée au sort s’est-elle lancée dans la bataille du Capitole ?

ALEA JACTA EST A Toulouse, Dominique Muti entre en politique comme on gagne à la loterie. Elle a été tirée au sort pour figurer sur la liste d’Archipel citoyen, lancée à la conquête du Capitole. Voici pourquoi elle a dit oui

Hélène Menal

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Dominique Muti fait partie des neuf Toulousains tirés au sort pour figurer sur la liste Archipel citoyen.
Dominique Muti fait partie des neuf Toulousains tirés au sort pour figurer sur la liste Archipel citoyen. — H. Menal - 20 Minutes
  • Sur les 69 colistiers que présente la liste Archipel citoyen aux Municipales de Toulouse, neuf ont été tirés au sort.
  • Dominique Muti, 44 ans, doit donc son engagement en politique au hasard. Ou presque.
  • Voici pourquoi et comment elle a accepté de se lancer dans la bataille du Capitole.

Dominique Muti est déjà l’élue du hasard. Elle n’a jamais milité en politique et avec sa voix douce, son tempérament discret, elle n’est pas du genre à enflammer les estrades. Pourtant, la voici engagée involontaire dans une tentative de conquête du Capitole. Cette quadragénaire fait partie des 1.000 Toulousains – une chance sur 270 – tirés au sort sur les listes électorales par le collectif Archipel citoyen. L’idée était d’en faire des colistiers, ils ne sont que neuf à avoir accepté.

La « lettre de sélection » de cette mère de famille qui travaille « dans le champ de la santé mentale » est arrivée début juillet. Elle n’a donc été décachetée qu’au retour de vacances et n’a suscité ni débordements de joie, ni incompréhension. « Je les connaissais, j’ai compris d’où ça venait, raconte-t-elle. Mais j’avais d’autres préoccupations, alors j’ai attendu la rentrée ». Pour mener sa petite enquête, histoire de s’assurer qu’elle ne serait pas un alibi. Elle a passé des coups de fil, participé à la première grande réunion publique, rencontré et sondé à l’intuition les autres tirés au sort. « J’ai trouvé un projet très articulé sur les questions sociales, écologiques et de gouvernance ». « Des gens brillants » aussi, et « l’idée que l’union fait la force ».

« Je n’ai pas de regard stratégique, ni politique »

Alors, début octobre seulement, elle a dit banco. Avec ce sentiment « de n’avoir rien à perdre » dans l’histoire. A part des soirées, qu’elle passe maintenant à débattre, parfois avec les femmes du collectif, parfois avec ceux planchent comme elle sur les discriminations. « Je n’ai pas de regard stratégique ou politique, il y a des tas de choses qui me dépassent mais ça peut vraiment être un atout », confie celle qui désormais assume avec loyauté : « Je suis quelqu’un de libre. Mais je m’engage sans réserve, c’est comme pour le mariage, on ne dit pas oui au départ en imaginant que ça peut rater ». Elle est aussi persuadée maintenant que la voix, même douce, des tirés au sort est particulièrement écoutée.

Dominique Muti ne se « projette pas ». Ni dans de folles soirées de tractage, encore moins au Capitole. Elle a envie de changement pour les Toulousains et pense avoir choisi le bon orchestre pour le « mettre en musique ».