Municipales 2020 à Toulouse : Îlotiers dans les quartiers, brigade anti-bruit… Les idées sécurité de la candidate Nadia Pellefigue

SECURITE Nadia Pellefigue, candidate socialiste au Capitole, considère que Toulouse a besoin de renforts de police et propose de réorganiser la police municipale, en la rendant plus présente dans les quartiers

Hélène Ménal

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 Entrainement au tir des policiers municipaux de Toulouse.
Entrainement au tir des policiers municipaux de Toulouse. — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • La candidate Nadia Pellefigue (PS-PRG-PCF) a choisi les Sept-Deniers, où les deals se multiplient, pour dévoiler ses propositions en matière de sécurité.
  • Elle s’étonne que le maire sortant n’ait pas obtenu les renforts nécessaires de policiers nationaux.
  • Et veut que la police municipale revienne faire de l’îlotage dans les quartiers.

Lampadaires occultés avec des bombes de peinture, menus « Halloween » pour les stupéfiants du moment, canapé trois places pour le deal… Voilà comment une commerçante du quartier toulousain des Sept-Deniers, installée juste en face de la Cité Madrid, décrit, excédée, son devant de porte. Du moins tel qu’il l’était jusqu’à ce week-end. Car lundi matin, les services municipaux ont procédé à un nettoyage des lieux, juste avant que Nadia Pellefigue (PS-PRG-PCF), candidate au Capitole, n’arrive dans ce même pressing pour y dégainer ses propositions dans le domaine de la sécurité.

La socialiste Nadia Pellefigue a été mandatée par les militants PS pour négocier avec les autres forces de gauche en vue des municipales de 2020.

La vice-présidente socialiste de la Région s’émeut de voir la Ville rose comparée à Marseille dans les médias nationaux et de « la multiplication des points de deal » comme des « actes criminels qui y sont liés ». Elle sait qu’un maire ne peut pas tout mais se désole que le sortant, Jean-Luc Moudenc (LR), en dépit de sa proximité avec le Premier ministre et de son alliance aux municipales avec LREM, n’ait pas obtenu des renforts de policiers nationaux, alors que les syndicats évaluent le besoin à 150/200 fonctionnaires. « Le Toulousain est un contribuable national comme les autres, il faut qu’il soit plus respecté que ça », assène Nadia Pellefigue.

La candidate coupe court aux soupçons d’angélisme en assurant qu’elle ne remettra pas en cause les 381 caméras de vidéosurveillance installées au cours du mandat. « Mais il ne suffit pas d’avoir les films », dit-elle, estimant que le maire « cherche plus à exploiter électoralement les problèmes de sécurité qu’à les résoudre ». Elle prône « l’efficacité ». Avec la proposition par exemple de créer au sein de la police municipale – dont les effectifs ont été doublés par l’équipe actuelle, passant à 330 agents – des « Unités territoriales de quartier (UTQ) ». L’idée est de favoriser « l’îlotage et la proximité, de créer des liens plus étroits avec les citoyens et les acteurs des quartiers ». Les agents auraient deux autres « QG », en plus de celui de la Garonnette en centre-ville, et un « réseau radio » à eux, pas noyé dans le flot des communications municipales.

Un adjoint au maire insomniaque

Nadia Pellefigue suggère aussi de séparer au standard d’Allo Toulouse les appels du type enlèvement d’encombrants et ceux liés aux incivilités et la sécurité, basculés eux vers un nouveau centre de commandement de la police municipale. Dans la même veine, une brigade spécialisée serait entièrement dévolue aux nuisances sonores et un adjoint au maire s’occuperait exclusivement de la vie nocturne, sous tous ses aspects.

Devant le fameux pressing, des jeunes de la cité Madrid, s’étonnent mais en souriant, qu’on vienne parler insécurité dans leur fief. « Si on avait on city stade ou même un terrain de foot on ne serait pas là à traîner », assurent-ils. Une idée comme ça, à l’usage des candidats.