Procès de Sophie Masala : « La démembreuse du canal » condamnée à 27 ans de prison

PROCES Jugée depuis cinq jours devant les assises de Haute-Garonne, Sophie Masala a été condamnée ce vendredi pour le meurtre de sa collègue de travail, dont elle avait démembré le cadavre

Béatrice Colin

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Jeudi 26 mai lors de la découverte de la valise contenant le tronc de la victime, sur les berges du Canal du Midi.
Jeudi 26 mai lors de la découverte de la valise contenant le tronc de la victime, sur les berges du Canal du Midi. — H. Menal / 20 Minutes
  • Au terme de cinq jours de procès, Sophie Masala, « la démembreuse du canal », a été condamnée à 27 ans de prison par les assises de la Haute-Garonne.
  • Cette mère de famille de Montpellier était jugée pour avoir en mai 2016, à Toulouse, tué puis démembré Maryline Planche, sa collègue de travail au sein de l’Agefiph.
  • Sophie Masala, 55 ans à la personnalité trouble, a donné au cours du procès plusieurs versions du meurtre.

Reconnue coupable, Sophie Masala a été condamnée à 27 ans de prison ce vendredi par la cour d’assises de Haute-Garonne. Cette Montpelliéraine était jugée depuis lundi pour le meurtre de sa collègue de travail, Maryline Planche, perpétré en mai 2016 à Toulouse.

Au terme de près de quatre heures de délibération, le jury n’a pas suivi l’avocat général qui avait requis la perpétuité. Il a reconnu la vulnérabilité de la victime, une femme de 52 ans, discrète, fragile et quasi aveugle d’un œil. Une circonstance aggravante.

La cruauté au centre des débats

La cruauté qui a suivi le meurtre a été au centre des débats durant tout le procès. Sophie Masala, cinq jours après avoir tué sa collègue à coups de bouteille en verre, l’a démembrée avant de disperser les parties de son corps dans le canal du Midi. Hormis sa tête, conservée dans le jardinet de sa résidence.

« Une forme de barbarie à visage humain », a tonné l’avocat général pour qui la meurtrière « n’a aucune limite, aucun jugement moral ». Elle-même a indiqué à la barre qu’elle se sentait être « un monstre » et a regretté son geste.

Personnalité trouble

Au fil des jours, les jurés ont pu découvrir la personnalité de Sophie Masala, décrite comme une femme manipulatrice, jalouse, voleuse et menteuse. Même au cours du procès, elle n’a pas hésité à changer de versions à plusieurs reprises. Au-delà de cette personnalité au passé trouble, les jurés ont dû entendre un luxe de détails sordides, du dépeçage à la conservation d’une scie encore imprégnée d’os sous le lit de l’accusée.

Pour sa défense, les avocats de Sophie Masala ont mis en avant son amour pour ses enfants, mais aussi son parcours difficile. A 10 ans, son père s’est suicidé. Mal-aimée par sa mère, elle s’est adonnée à la prostitution pour rembourser une partie de ses dettes. « Elle mérite de pouvoir un jour prochain continuer à dissiper ses brumes auprès de ses enfants », a plaidé Pierre Dunac, l’un de ses deux avocats.

Sophie Masala a aussi été condamnée à un suivi socio-judiciaire de 5 ans et une obligation de soins de la même durée. « Justice a été rendue à Maryline Planche. Comme l’a dit un de ses frères, elle peut reposer dorénavant en paix », a indiqué à l’issue du verdict Laurent Boguet, l’un des deux avocats de la famille de la victime.