Procès de Sophie Masala : Réclusion criminelle à perpétuité requise contre « la démembreuse du canal »

JUSTICE La cour d'assises de la Haute-Garonne juge depuis lundi Sophie Masala, accusée du meurtre de sa collègue de travail. Le verdict est attendu ce vendredi

J. Rimbert avec B. C.

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La Cour d'assises de Haute-Garonne. (Illustration)
La Cour d'assises de Haute-Garonne. (Illustration) — A.GELEBART/20MINUTES
  • Le procès de Sophie Masala, « la démembreuse du canal », s’est ouvert lundi devant les assises de la Haute-Garonne.
  • Cette mère de famille de Montpellier est accusée d’avoir, en mai 2016 à Toulouse, tué puis démembré Maryline Planche, sa collègue de travail au sein de l’Agefiph.
  • Le verdict est attendu ce vendredi après-midi. Dans la matinée, l’avocat général a requis la réclusion criminelle à perpétuité.

Ses contradictions et changements de version devant les assises de la Haute-Garonne n’ont pas joué en sa faveur. C’est ce qu’a pointé, entre autres, David Sénat, l’avocat général de la cour d’appel de Toulouse au dernier jour du procès de Sophie Masala.

Il a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre la meurtrière de Maryline Planche, tuée à son domicile puis démembrée par sa collègue au mois de mai 2016. Pour se débarrasser du corps, elle avait jeté les membres et le tronc dans le canal du Midi, avant d’enterrer la tête de sa victime dans un jardinet de sa résidence.

Pour le représentant de l’accusation, Sophie Masala a commis « un meurtre de sang-froid » et n’a « aucune limite et aucun jugement moral ». « Elle est manipulatrice, perverse, sadique », enfonce-t-il, indiquant qu’il faut « prévenir un risque, une dangerosité » de Sophie Masala qui a poursuivi sa victime dans relâche.

Circonstance aggravante

S’il estime qu’il n’a pas eu préméditation, mais ce « meurtre a été largement anticipé avant le 12 mai. Ce n’est pas un assassinat mais on n’en est pas très loin ». Par contre, pour lui, il existe une circonstance aggravante en raison de la vulnérabilité. « Sophie Masala s’en est prise sciemment à une victime en position de faiblesse, ce n’est pas un meurtre ordinaire, il échappe à toutes règles », a tonné vendredi matin l’avocat général.

Ce qu’avaient plaidé la veille les avocats de la famille de Maryline Planche. Si elle est retenue par les jurés de la cour d’assises de Toulouse, Sophie Masala pourrait être donc condamnée à la perpétuité, contre 30 ans de réclusion pour meurtre.

Après les plaidoiries des avocats de la défense, le verdict est attendu cet après-midi.