Procès de Sophie Masala : « Je suis un monstre », a affirmé à la barre l’accusée

PROCES Au quatrième jour de son procès devant les assises de la Haute-Garonne, Sophie Masala, jugée pour le meurtre de sa collègue de travail, s’est contredite à plusieurs reprises à la barre

20 Minutes avec AFP

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Jeudi après-midi, sur les berges du Canal du Midi, au niveau de la rue Colombette, où de nouvelles parties d'un corps humain ont été retrouvés.
Jeudi après-midi, sur les berges du Canal du Midi, au niveau de la rue Colombette, où de nouvelles parties d'un corps humain ont été retrouvés. — H. Menal / 20 Minutes
  • Le procès de Sophie Masala, « la démembreuse du canal », s’est ouvert ce lundi devant les assises de la Haute-Garonne pour une semaine.
  • Cette quinquagénaire est accusée d’avoir, en mai 2016, tué puis démembré Maryline Planche, sa collègue de travail au sein de l’Agefiph.
  • Ce jeudi, à la barre, les versions de l’accusée ont varié à plusieurs reprises. Le verdict est attendu ce vendredi.

Elle sera fixée sur son sort ce vendredi. Au quatrième jour de son procès devant les assises de la Haute-Garonne, Sophie Masala, a affirmé jeudi avoir tué sa collègue de travail, Maryline Planche, sous le coup de la « colère » face à un « rejet ».

« Maryline m’a poussée, je suis tombée sur le canapé, je me suis relevée, et je l’ai tapée avec une bouteille, je l’ai entraînée avec moi, et j’ai continué à taper. (…) J’étais en colère, c’est la colère qui m’a fait porter les coups », a-t-elle reconnu à la barre cette mère de famille de 55 ans qui a démembré sa victime avant de jeter des morceaux de corps dans le canal du Midi. Avant d’ajouter, entre deux sanglots : « Je suis un monstre, je me vois comme un monstre ».

« Une volonté féroce »

« Je n’arrivais pas à faire comprendre à Maryline qu’il fallait que je l’aide. (…) J’ai pris ça comme un rejet, j’ai été blessée profondément, je n’ai pas maîtrisé mon émotion, c’est monté crescendo », a-t-elle reconnu après avoir été poussé dans ses retranchements par les avocats de la famille Planche.

Le meurtre remonte au 12 mai 2016, dans l’appartement de la victime, dans le centre de Toulouse. Lorsque Maryline Planche rentre chez elle après un rendez-vous médical, elle trouve Sophie Masala qui s’y était introduite en son absence.

Sophie Masala change de version

A la barre, cette dernière s’est plusieurs fois contredit ce jeudi, changeant de version entre le matin et l’après-midi. Un murmure désapprobateur a parcouru la salle quand elle avait annoncé son intention de plaider la légitime défense, affirmant avoir frappé Maryline Planche alors que cette dernière tentait de l’étrangler. Avant de revenir sur ses propos.

Sur la découpe du corps, avec une scie à métaux, elle invoque une sorte de dédoublement : « Mes mains la tenaient mais ce n’était pas moi qui le faisais », a-t-elle répété. « Il fallait une volonté féroce, une pugnacité exacerbée, pour arriver à ses fins », dénonce Georges Catala, l’un des avocats de la famille Planche.

Un acte horrible qu’elle a essayé de couvrir selon un enquêteur de la police judiciaire, à travers « toute une série de manœuvres pour essayer de ne pas se faire attraper » : envoyer des SMS du téléphone dérobé à la victime, lui entailler les veines pour faire croire au suicide et nettoyer la scène du crime, avant de découper le corps. Pour ce dernier, « il faut avoir une force mentale pour faire ça, ce n’est pas facile ». Sophie Masala encourt 30 ans de réclusion.