Procès Sophie Masala : Maryline Planche, la victime discrète et vulnérable de la « démembreuse du canal »

JUSTICE Au deuxième jour du procès de Sophie Masala, accusée d’avoir tué puis démembré sa collègue de travail, la cour d’assises est revenue sur la personnalité discrète de la victime

20 Minutes avec AFP

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Toulouse le 31032008

La nouvelle cour d'assises reouvre demain matin.
Toulouse le 31032008 La nouvelle cour d'assises reouvre demain matin. — A.GELEBART/20MINUTES
  • Le procès de Sophie Masala, « la démembreuse du canal », s’est ouvert ce lundi devant les assises de la Haute-Garonne pour une semaine.
  • En mai 2016, cette quinquagénaire est accusée d’avoir tué puis démembré Maryline Planche, sa collègue de travail.
  • Ce mardi, les jurés ont pu découvrir la personnalité de la victime, une femme discrète, très engagée dans son travail.

Lundi, au premier jour du procès de Sophie Masala, la cour d’assises de la Haute-Garonne s’était penchée sur la personnalité de l’accusée. Ce mardi, les jurés ont pu découvrir celle de sa victime, Maryline Planche, tuée un jour de mai 2016 par sa collègue, avant d’être démembrée.

Salariée depuis plusieurs années au sein de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph), elle a été décrite comme une femme investie, perfectionniste et à l’humour pince-sans-rire, tout en étant à la fois craintive et vulnérable.

Manque de confiance

Cette quinquagénaire souffrait d’un manque de confiance en elle, elle s’était inventée un compagnon imaginaire vivant en Allemagne. Au travail, elle avait refusé d’être reconnue travailleuse handicapée, malgré une déficience auditive et visuelle. Assez lente, Maryline Planche faisait souvent des heures supplémentaires pour ne pas être prise en faute par ses supérieurs.

« Elle avait à cœur de rendre service. Je l’ai connue négligée, dans son aspect vestimentaire et son hygiène, puis elle est s’est ressaisie et est devenue coquette. Elle avait besoin qu’on la rassure, elle sortait fumer avec Sophie Masala. Pour moi, c’était une relation banale entre deux collègues », a indiqué à la barre le patron de l’Agefiph Midi-Pyrénées, Jean de La Rivière.

Ce dernier n’avait « rien à redire » contre l’accusée, jusqu’à un vol de tickets restaurants, un mois avant le meurtre. Pour Olivier Nouvelière, délégué du personnel, Sophie Masala pourrait avoir tenté de voler et faire chanter Maryline Planche, « une victime faible et idéale ».

« Je regrette ce que j’ai fait »

Georges Catala, l’un des deux avocats de la famille Planche, s'est interrogé sur ce qui avait pu déclencher tant de haine chez Sophie Masala pour sa collègue.

« J’ai essayé de l’aider, je me suis sentie rejetée comme avec ma mère, j’ai fait une comparaison avec ma mère, malheureusement. (…) Je regrette ce que j’ai fait, je ne peux pas revenir en arrière », lui a répondu l’accusée entre deux sanglots.