Toulouse : Elle est accusée d’avoir tué et découpé sa collègue de travail, la « démembreuse du Canal » jugée à partir de lundi

JUSTICE Le procès d’un meurtre à l’épilogue effroyable s’ouvre ce lundi à Toulouse. Sophie Masala, 55 ans, est accusée d’avoir tué sa collègue de travail, Maryline Planche, puis d’avoir découpé son cadavre pour le jeter, morceau par morceau, dans le Canal du Midi

Hélène Menal

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Le corps de la victime a été découpé et jeté, morceau par morceau, dans le Canal du Midi.
Le corps de la victime a été découpé et jeté, morceau par morceau, dans le Canal du Midi. — Fred Scheiber/20Minutes
  • Le procès de celle qui a été baptisée « la démembreuse du Canal » s’ouvre ce lundi à Toulouse.
  • Sophie Masala est accusée d’avoir tué puis découpé sa collègue de travail, Maryline Planche, en mai 2016.
  • Celle dont les experts devront éclairer la personnalité, assume l’horreur de ses actes après le meurtre mais plaide l’accident.

Elle va devoir assembler les morceaux du puzzle macabre qu’elle a elle-même imaginé. Le procès de Sophie Masala, 55 ans, s’ouvre ce lundi à Toulouse. Il est qualifié d' « extraordinaire » par Georges Catala, l’avocat de la famille de la victime car, dit le pénaliste pourtant habitué à côtoyer le pire, « on est rarement confronté à une telle dimension d’horreur ».

Jeudi 26 mai lors de la découverte de la valise contenant le tronc de la victime, sur les berges du Canal du Midi.

Maryline Planche, quinquagénaire discrète et célibataire, a été tuée le 12 mai 2016 dans son appartement toulousain. Sa famille a déclaré sa disparition le 22 mai. Le 24, un passant signale une jambe flottant dans un sac plastique sur le Canal du Midi. L’insoutenable pêche​ va se poursuivre pendant deux jours, membre après membre, jusqu’à la découverte du tronc d’une femme dans une valise immergée. Le soir même, une collègue de travail de la victime passe aux aveux devant les enquêteurs du SRPJ.

L’accusée plaide la dispute qui dégénère

Les deux femmes ne se connaissaient que depuis quelques mois, depuis que la Montpelliéraine, mère de deux grands enfants, avait été mutée dans l’antenne toulousaine de l’Agefiph, une structure d’insertion des personnes handicapées. « Les relations étaient normales au départ, même plutôt chaleureuses, puis elles se sont envenimées pour des raisons professionnelles », explique Pierre Dunac qui a la lourde tâche de défendre Sophie Masala qui a été baptisée « la démembreuse du Canal ». « Elle assume tout », assure-t-il, « sauf l’intention homicide ».

L’accusée a en effet expliqué qu’elle s’était rendue chez sa victime pour élucider la disparition de dossiers et que la dispute a dégénéré, entraînant la mort de la quinquagénaire, assommée avec une bouteille de vin.

Passé judiciaire et carte bancaire volée

Sophie Masala est revenue plusieurs fois sur place. Une fois pour entailler les poignets du corps sans vie et faire croire à un suicide, la deuxième, le 16 mai selon ses dires, munie d’une scie à métaux et d’un couteau, pour découper le cadavre, puis longer avec un caddie le Canal du Midi pour se débarrasser de ses paquets macabres. « Certains jettent un corps dans une rivière, d’autres le coulent dans le béton. Elle était animée d’un sentiment de terreur et la victime faisait le double de son poids », pose Pierre Dunac.

« Elle a aussi envoyé des SMS pour faire croire à une relation homosexuelle ambiguë et tenté quelques jours plus tard de retirer de l’argent avec la carte de Maryline Planche dont elle avait le code. Tout cela ne paraît pas très symptomatique d’un accident », lâche George Catala.

Les experts devront éclairer la personnalité de l’accusée, décrite comme une affabulatrice et déjà condamnée pour avoir détourné des chèques dans un emploi précédent. Et qui, comble de l’horreur, a enterré la tête de sa victime dans son jardinet.