Coupe du monde de rugby : A Toulouse, on est sous pression dès le matin

RUGBY Les bars et pubs toulousains constatent un effet certain de la Coupe du monde de rugby sur la consommation, malgré le décalage horaire avec le Japon

Nicolas Stival

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Les pubs toulousains profitent bien de la Coupe du monde. Illustration.
Les pubs toulousains profitent bien de la Coupe du monde. Illustration. — Serge Pouzet / Sipa
  • En raison du décalage horaire avec le Japon, les matchs de la Coupe du monde de rugby sont diffusés généralement le matin en France.
  • Ce « handicap » n’empêche pas les pubs toulousains d’afficher une belle fréquentation. Pour les matchs de l’équipe de France, mais pas seulement…

Certains pubs toulousains remarquent que, chez eux, ce n’est pas (encore ?) la folie constatée lors de la Coupe du monde de rugby 2011 en Nouvelle-Zélande, autre grand moment de rendez-vous sportifs matinaux. Mais les Bleus s’étaient alors hissés jusqu’en finale, avec l’épilogue dramatique que l’on sait. Pour l’édition japonaise, huit ans plus tard, on attaque à peine les quarts. Et malgré tout, il y a déjà un véritable effet Mondial dans les établissements de la capitale incontestée de l’ovalie tricolore, en dépit des sept heures de décalage horaire.

« C’est dommage que France – Angleterre ait été annulé [samedi dernier] », déplore-t-on du côté du Pub O’Clock, sur le boulevard de Strasbourg. Ici comme ailleurs, on se prépare à des matinées chargées ce week-end, pour les quarts de finale, notamment dimanche à 9 h 15, lors de France – Galles.

« Des gens voulaient réserver des tables mais nous ne prenons pas de réservations, indique l’équipe du Danù, rue du Pont-Guilheméry, au bord du Canal du Midi. Nous serons complets. Pour les grands matchs de poule, le pub était rempli. Mais même en semaine, nous avions aux alentours de 60 % de la clientèle qu’on aurait eu pour un week-end. »

Britanniques, Irlandais et Français fans du Japon

On parle ici notamment du pourtant peu ragoûtant France – Etats-Unis, programmé un mercredi à 9 h 45. « C’est sûr que pour Afrique du Sud – Namibie (un samedi à 11h45), il y avait moins de monde », sourit-on au Pub O’Clock. Rien à voir avec les rencontres impliquant des Britanniques ou des Irlandais, présents en force dans et autour de la Ville rose (merci Airbus).

« Nous avions une trentaine d’Irlandais lors de leur dernier match de poule [samedi dernier contre les Samoa, à 12h45], détaille-t-on au Black Lion, tout près du palais de justice. Ça met de l’ambiance ! Mais les rencontres du Japon attirent aussi beaucoup de jeunes Français fans de culture nippone, qui viennent avec le maillot de la sélection. Et bien sûr, c’est plein pour chaque match de l’équipe de France, soit jusqu’à 300 personnes. »

Dans les établissements sondés, le rituel est à peu près le même : arrivée parfois une demi-heure avant le début de la rencontre, puis solide collation à base de bacon et d’œuf. « Souvent, les gens qui viennent vers 9h restent pour le second match, précise-t-on au Black Lion. Ils prennent alors l’apéro vers 11h30. »

La bière dès potron-minet

OK, et la bière dans tout ça ? « Beaucoup en prennent une dès leur arrivée, c’est assez drôle », sourit-on au Pub O’Clock. « En général, les clients commencent par un petit café et vers 9 h 30 voire avant, ils prennent une pinte, complète-t-on au Danù, qui a ouvert à 6 h 30 certains matins. On rajoute en général deux ou trois fûts de bière de 30 litres à ce que l’on prévoit en temps normal. »

Du côté des pubs toulousains, on ne va pas chômer lors des week-ends à venir, jusqu’à la finale le samedi 2 novembre à 10h. Surtout si les joueurs de Jacques Brunel ont la bonne idée de faire mentir les pronostics qui les voient rentrer à la maison dès le début de la semaine prochaine…