Toulouse : Les riverains de l'aéroport demandent (en vain) l'examen d'un couvre-feu pour les avions

BRUIT Les riverains de l’aéroport Toulouse-Blagnac ont demandé officiellement l’examen d’un couvre-feu du trafic aérien en cœur de nuit. La direction répond que le nombre de mouvements d’avions est en baisse entre minuit et 6h du matin

Béatrice Colin

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Un avion en approche au-dessus de l'agglomération toulousaine. Illustration
Un avion en approche au-dessus de l'agglomération toulousaine. Illustration — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES
  • Mardi, l’aéroport de Toulouse-Blagnac a présenté son programme hiver, avec une offre en hausse de 8,8 %.
  • Face au développement du trafic aérien, les riverains de la plateforme demandent la mise en place d’un couvre-feu aérien entre 23h30 et 6h du matin.
  • La direction de l’aéroport met en avant une baisse du trafic en cœur de nuit (minuit-6h) cette année comparé à 2018.

Mardi, l’aéroport de Toulouse-Blagnac présentait son programme Hiver 2019-2020, avec cinq nouvelles destinations au départ de la Ville rose parmi lesquelles Budapest, Tel Aviv ou Tanger.

Au total, la proposition comprend une offre de sièges mis à la vente en hausse de 8,8 % sur la période allant du 27 octobre au 31 mars, notamment grâce à l’arrivée d’une base Ryanair à Toulouse.

« La croissance de l’offre, nous la gérons pour nous insérer sur le territoire. Sur la question des nuisances aériennes, depuis le début de l’année, il y a eu 1.200 mouvements d’avions en cœur de nuit, entre minuit et 6h. C’est 20 % de moins qu’en 2018 et c’est en deçà de 2017. Pour le programme hiver, nous augmentons le nombre de sièges proposés mais nous baissons le nombre de vols en cœur de nuit », assure Philippe Crébassa, président du directoire d’Aéroport Toulouse-Blagnac.

Une vision que les riverains de l’aéroport sont loin de partager. Présents mardi lors de la commission consultative de l’environnement de l’aéroport, ils ont rappelé que s’il y avait eu une baisse récente, depuis 2015 on observait une hausse de 3 % des mouvements d’avion sur le cœur de nuit et de 16 % sur la nuit complète, entre 22h et minuit.

Etude d’un couvre-feu

Ils ont fini par claquer la porte de l’instance où siègent les représentants des collectivités, de la préfecture ou encore de la Direction générale de l’aviation civile. « Nous avons demandé que l’on envisage de lancer une étude sur un possible couvre-feu entre 23h30 et 6h du matin, avec la possibilité de dérogation pour les vols d’essai Airbus. Ils ont refusé catégoriquement cette possibilité alors qu’à Nantes, où il y a deux fois moins de trafic, c’est inscrit dans une démarche de concertation et d’approche équilibrée », peste Chantal Beer-Demander du collectif contre les nuisances aériennes dans l’agglomération toulousaine (CCNAAT).

Cette demande de couvre-feu avait déjà été formulée en 2006, sans aboutir. Cinq ans plus tard, l’aéroport s’était engagé à ne pas dépasser un certain seuil de vols par nuit. « Nous nous y tiendrons, nous avons même pris de nouvelles mesures pour aller encore plus loin », insiste Philippe Crébassa.

Insuffisantes pour les riverains qui réclament des avions plus performants au niveau acoustique ou la recherche de trajectoires optimales en soirée. Et ils ont trouvé de nouveaux soutiens au nord de Toulouse. Un nouveau couloir aérien est en test depuis quelques mois et soumis à enquête publique jusqu’à vendredi. Il a déjà ses détracteurs sur la commune de Daux, pour qui la situation est devenue « impossible ».