Toulouse : Un énorme pic de pollution aux particules fines a-t-il vraiment eu lieu durant la nuit du 23 au 24 septembre ?

POLLUTION Les applications spécialisées dans les indices de pollution ont indiqué un pic de pollution aux particules fines la nuit du 23 au 24 septembre. Mais le problème était ailleurs

Béatrice Colin
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Pollution automobile. station de détection et d'analyse des polluants mise en place par Observatoire regional de l'air.
Pollution automobile. station de détection et d'analyse des polluants mise en place par Observatoire regional de l'air. — Alexandre GELEBART/20MINUTES

Les applications dédiées à la qualité de l’air​ se sont emballées au cours de la nuit de lundi à mardi dans l’agglomération toulousaine. Au petit matin, le taux de particules fines (PM 2.5) était dix fois supérieur à la valeur limite de protection des populations, le seuil à ne pas dépasser sous peine d’avoir des conséquences sur la santé.

De quoi affoler les Toulousains adeptes de ces informations sur les sources de pollution. Mais pourtant, aucun embouteillage monstre n’était enregistré à 5h du matin dans le nord de l’agglomération, ni catastrophe industrielle, ni feux de pneus qui auraient pu expliquer de tels niveaux d’émission.

« C’est la limite de l’Open data »

La cause est à rechercher ailleurs. Non pas dans un problème de pollution mais de technologie défaillante. « On ne vous cache rien. Hier, un filtre a été changé sur l’une des stations et cela a créé un dysfonctionnement. Lorsque cela arrive, nous invalidons ces données erronées », explique Dominique Tilak, la directrice d'Atmo Occitanie.

Mais comme ces données sont en open data, elles ont été rapidement utilisées par des sites chinois dont l’objectif de compulser ces informations. Et si l’on retrouve par exemple deux fois, voire trois fois le même niveau alors que les stations sont distantes de plusieurs kilomètres, il y a une raison.

« Quand une station ne mesure pas les polluants pour diverses raisons, ces sites prennent les données de la station la plus proche. Cela crée une information erronée qui passe d’une appli à l’autre, c’est la limite de l’Open data », poursuit la responsable de l’Observatoire de la qualité de l’air.