Toulouse : C’est quoi ce nouveau vaisseau qui a atterri à la Cité de l’espace ?

CONQUETE Pour la première fois, la Cité de l’Espace expose un vaisseau spatial chinois. Il s’agit d’une maquette taille réelle de Chang’e-4, la sonde qui vient de se poser sur la face cachée de la Lune.

Helene Menal

— 

La réplique taille réelle de la sonde lunaire chinoise CHANG'E 4, à la Cité de l'Espace de Toulouse.
La réplique taille réelle de la sonde lunaire chinoise CHANG'E 4, à la Cité de l'Espace de Toulouse. — Laurent Garcia - Cite de l'Espace
  • Le secteur spatial chinois vient de faire un cadeau inédit à la Cité de Toulouse.
  • On peut y admirer depuis ce jeudi la maquette taille réelle de Chang’e-4, la sonde qui s’est posée au début de l’année sur la face cachée de la Lune.

 Le 3 janvier 2019, les Chinois ont réussi ce que personne, même pas les Américains, n’avait tenté avant eux : se poser sur la face cachée de la Lune. La sonde Chang’e-4 (prononcez « tchangué quatre ») a aluni en douceur et lâché son petit robot explorateur Yutu-2. Neuf mois plus tard, voilà que les deux engins chinois atterrissent sur un territoire tout aussi inexploré pour l’Empire du Milieu :  la Cité de l'Espace de Toulouse.

Les deux maquettes, taille réelle – « un prêt longue durée » d’une des deux agences spatiales chinoises – sont visibles dans les jardins du parc scientifique au même titre que la station Mir, la fusée Ariane, le module lunaire Apollo ou le vaisseau russe Soyouz. « Ce prêt est tout à fait inédit à ma connaissance et je sais que les Chinois en sont très fiers », confie, Jean-Baptiste Desbois, le directeur général du site. Le responsable préside depuis deux ans le Comité des musées de la Fédération astronautique internationale, qui réunit non seulement les agences spatiales du monde entier mais aussi, donc, les structures éducatives. C’est dans ce cadre qu’il a «noué des liens» avec Yang Baohuan, le vice-président de l’agence spatiale chinoise à l'origine de l'arrivée les deux engins jusque dans la Ville rose.

En attendant les échantillons

«Nous évoquions déjà les Chinois dans nos collections, ne serait-ce que parce qu’ils sont à l’origine du spatial en ayant inventé la poudre. Mais l’accueil de ce premier vaisseau de la troisième puissance spatiale sur la Lune montre je crois notre ouverture à l’international et notre volonté de traiter le spatial dans sa globalité», souligne Jean-Baptiste Desbois.

La Cité de l’Espace évolue en même temps que les coopérations internationales. Car si le Centre national d’études spatiales (Cnes) collabore souvent avec la Nasa ou les Russes, elle s’est aussi embarquée avec la Chine pour la mission Chang'e-6, La grande sœur de l’imposante sonde qui vient de débarquer à Toulouse doit, à l’horizon 2024, rapporter des échantillons depuis la face cachée de la Lune.

La Chine réussit son premier alunissage

A l'heure chinoise

Mythologie chinoise, ateliers de calligraphie ou de Qi Gong, pour accueillir comme il se doit Chang'e-4 et Yutu, la Cité se met à l'heure chinoise durant tout le week-end. Mercredi 18 septembre, une grande conférence sur la Chine et l'exploration spatiale est programmée à 14 heures.