Toulouse : « Il faut être lucide et trouver un projet alternatif à Val Tolosa », estime le maire de Plaisance

FORFAIT Le nouveau maire de Plaisance-du-Touch, pourtant fervent supporter du méga centre-commercial Val Tolosa, reconnaît qu’il cherche une « alternative » au projet enlisé depuis quinze ans

Helene Menal

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Une image qui pourrait rester à jamais une vue d'artiste.
Une image qui pourrait rester à jamais une vue d'artiste. — Unibail Rodamco
  • Le projet du méga centre commercial Val Tolosa, à l’ouest de Toulouse, vit sans doute ses dernières.
  • Philippe Guyot, le maire de Plaisance-du-Touch, confirme qu’il réfléchit à un projet alternatif.
  • Mais le promoteur ne confirme pas l’abandon et les opposants restent méfiants.

Nouveau coup de théâtre dans l’épais dossier Val Tolosa, l’immense centre commercial en projet depuis 15 ans à l’ouest de Toulouse. Vendredi 6 septembre, Philippe Guyot, le nouveau maire de Plaisance-du-Touch, la commune d’implantation du complexe, a au cours d’une réunion avec les habitants récemment installés laissé entendre que le projet était « abandonné ». Une position étonnante qui s’est vite propagée.

Joint ce mardi par 20 Minutes, l’édile, pourtant fervent supporter du projet, confirme qu’il s’est résigné. « Au mois de juillet, le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative, a estimé que Val tolosa n’a pas d’intérêt public majeur », rappelle celui qui, par conséquent, pense que les autres recours déposés par les opposants ont des chances d’aboutir.

« Je me dois d’être lucide »

« Il est normal que le promoteur poursuive la bataille, ajoute Philippe Guyot. Mais je me dois d’être lucide et je n’ai pas l’habitude de pratiquer la langue de bois. Alors que la campagne des municipales commence, il faut qu’on trouve un projet alternatif en concertation avec les habitants ».

C’est clair, le maire, aux manettes depuis moins d’un an et qui a reçu le soutien de LREM pour le scrutin de mars 2020, ne veut pas être pris de court au cas où le projet tomberait brutalement à l’eau.

« Extrême défiance » des opposants

« Depuis le temps qu’on l’attendait, c’est satisfaisant d’entendre une confirmation officielle », réagit Pascal Barbier, opposant historique au projet, qui vient par ailleurs d’annoncer le lancement d’une liste citoyenne. Mais l’écologiste ne se paie pas de mots et conserve « une extrême défiance » vis à vis d’Unibail Rodamco, le promoteur de Val Tolosa. « J’ai vérifié avec nos avocats et les procédures sont toujours pendantes, dit-il. Et si l’on fait de nouveaux petits projets à la place de ce projet illégal, ils risquent d’être tout aussi destructeurs de la nature que le premier ».

Unibail Rodamco​ n’a pour l’heure pas répondu à nos sollicitations. En juillet, quand la décision défavorable du Conseil d’Etat est tombée, le groupe indiquait étudier « les différentes options envisageables pour l’avenir du site », dont il détient le foncier sur le fameux plateau de la Ménude. Le feuilleton n’est pas tout à fait terminé.