Toulouse: Un lieu pas bateau pour rendre hommage à Nougaro

CULTURE Un lieu intimiste et original ouvre jeudi à Toulouse pour rendre hommage à Nougaro. Une « maison » bien vivante qui flotte sur l’eau (… verte du Canal du Midi, forcément)

Helene Menal

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Claude Nougaro sur scène.
Claude Nougaro sur scène. — Patrick Kovarik AFP
  • La Maison Nougaro, en fait une péniche sur le Canal, ouvre jeudi au public.
  • Ce projet, aux antipodes du musée, est porté depuis dix ans par Cécile, sa fille.
  • Elle veut en faire un « lieu vivant » rempli de concerts et de spectacles.
Dans la Maison Nougaro, une péniche hommage façon

Manger un ragoût nougaresque, au bon goût de secret de famille, avec vue – à travers le hublot – sur l’eau verte du Canal du Midi. Le tout en se délectant à travers la table vitrée d’une authentique rédaction écrite en troisième par le grand homme, déjà artiste et farceur dans l’âme. Voilà l’expérience que proposera à partir de jeudi La Maison Nougaro.

Toulouse​ aurait sans doute pu bâtir un musée classique à son troubadour le plus célèbre. Mais c’était mal connaître Cécile, sa fille. L’aînée du chanteur a préféré une péniche, amarrée au port de l’Embouchure. Un bateau acheté il y a dix ans grâce à la vente du fameux appartement du quai de Tounis. Et qui lui a valu bien des « embûches », bien des « colères et des larmes » tant le projet a tangué manquant même maintes fois de tomber carrément à l’eau.

Mais c’est du passé, les écueils ont été contournés. Le ruban officiel a été coupé ce lundi, jour où Nougaro aurait eu 90 ans. « Ce lieu est aux antipodes du musée, il est fait pour relier mon père aux êtres humains. C’est une utopie, voilà le topo » explique, paraphrasant son père, celle qui est « la fille de [ses] parents » mais, aussi elle en est consciente, « une chanson célèbre ». « Elle a guidé ma vie, j’ai toujours été d’une certaine manière immatérielle », confie Cécile avec douceur.

Quand « Ô Toulouse » était moins rose

La Maison Nougaro, elle, est tout ce qu’il y a de plus réel. On peut y manger, y boire des coups, y écouter des concerts intimistes et y voir des spectacles décalés. « C’est un lieu vivant », résume Frédéric Castex, son directeur artistique. Avec, pour les fans, un concert de l’artiste en toile de fond, ses tableaux et croquis, ses passions et ses objets personnels disséminés. La première expo permanente, à découvrir sous son sous-verre donc, est consacrée à l’enfance du petit Claude et aussi en partie à son père, Pierre, le fameux chanteur d’opéra. Parmi les pépites à dénicher dans cette maison tout en longueur il y a aussi la première version, manuscrite, de Ô Toulouse. Un brouillon beaucoup moins rose du célèbre hymne à Toulouse.