Toulouse: La (controversée) Tour Occitanie, haute de 150 m, va pouvoir sortir de terre

URBANISME Bateau amiral du projet de réaménagement du quartier Matabiau, la Tour Occitanie vient d'obtenir son permis de construire. Un gratte-ciel de 150 m de haut loin de faire l'unanimité

Béatrice Colin

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Vue aérienne de la future Tour Occitanie , haute de 150 m de haut, qui doit voir le jour dans le quartier de la gare.
Vue aérienne de la future Tour Occitanie , haute de 150 m de haut, qui doit voir le jour dans le quartier de la gare. — Cie de Phalsbourg Luxigon/ Libeskind
  • La Tour Occitanie, qui culminera d'ici 2023 à 150 m, vient d'obtenir son permis de construire, délivré par la mairie de Toulouse.
  • Ce projet phare du réaménagment du quartier de la gare Matabiau soulève des contestations.
  • Les critiques visent notamment l'absence de logements sociaux dans la tour ou encore la concertation autour du projet.

En 2023, lorsque les voyageurs sortiront de la gare Matabiau, leur regard se portera forcément sur la Tour Occitanie. Ce gratte-ciel, qui doit culminer à 150 mètres de hauteur, vient d’obtenir le feu vert de la mairie.

Mardi, Annette Laigneau, l’adjointe au maire en charge de l’urbanisme, a signé le permis de construire pour cet édifice.

« La Tour Occitanie est la signature architecturale à la hauteur de l’ambition d’une métropole européenne. Ce projet participera de l’attractivité de notre Métropole, contribuera à celle de notre patrimoine urbain comme le Canal du Midi, et constituera un trait d’union entre notre histoire et notre avenir tout en mêlant innovation et qualité de vie », s’est félicité dans un communiqué Jean-Luc Moudenc (LR), le maire de Toulouse.

Porté par le promoteur «La compagnie de Phalsbourg», le bâtiment a été lancée dans le cadre du projet Toulouse Euro Sud Ouest (TESO), qui doit préparer le nouveau quartier de la gare à l’arrivée de la LGV, repoussée depuis aux calendes grecques.

Cette tour végétalisée comprendra 11.000 m2 de bureaux, notamment de la SNCF, un hôtel, des commerces, des restaurants et des appartements haut de gamme. Mais aucun logement social. Cette absence a soulevé une vague de critiques, ainsi qu’une réserve de la commission d’enquête publique. Celle-ci a demandé à compenser ce manque par la construction de logements sociaux à proximité dans le cadre du projet TESO.

La question des logements sociaux

Pour les membres toulousains du Droit au Logement (DAL), ce feu vert est une erreur, ce projet étant « excluant et anti-social ». « Celle-ci sera bien réservée aux ultras riches, et les habitant et habitantes modestes et des classes moyennes en seront exclues », critique le collectif pour qui la délivrance du permis aurait pu attendre les municipales de mars prochain. Or le premier coup de pioche devrait avoir lieu avant.

Un avis partagé par le groupe d’opposants «Non au gratte-ciel de Toulouse-Collectif pour un urbanisme citoyen». « En plein été dans notre ville désertée par la moitié de sa population, le maire sortant veut passer en force en imposant aux Toulousains la tour Occitanie, un gratte-ciel de verre et de béton planté en plein centre-ville à la gare Matabiau. Le maire sortant sait très bien, et l’enquête publique qui vient de s’achever l’a souligné, que son projet est très risqué à bien des égards », plaide son porte-parole Richard Mébaoudj.

Selon ce dernier, « un recours contentieux portant sur l’absence de logements sociaux et sur la réduction du stationnement vélos dans la tour Occitanie est déjà en cours et sera vraisemblablement jugé en tribunal administratif au 1er semestre 2020 ». Ce qui pourrait décaler d’autant le début des travaux.

Il rejoint le conseiller municipal d’opposition, Romain Cujives, qui pointe « l’absence de considération pour la concertation de la part majorité actuelle ». Ce dernier plaide en faveur d’un référendum sur le projet.