Toulouse: Les sarcophages de la basilique Saint-Sernin vont-ils livrer leurs secrets ?

SUSPENSE Deux sarcophages de la basilique Saint-Sernin sont sur le point d’être ouverts. La légende veut que ce soit ceux des prestigieux comtes de Toulouse mais elle demande à être vérifiée

Helene Menal

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L'enfeu de la paroisse Saint-Sernin. Les deux sarcophages latéraux seront ouverts en novembre 2019.
L'enfeu de la paroisse Saint-Sernin. Les deux sarcophages latéraux seront ouverts en novembre 2019. — Paroisse Saint-Sernin
  • Deux sarcophages attribués aux comtes de Toulouse sont sur le point de livrer leurs mystères.
  • Ils viennent d’être enlevés de la niche extérieure où ils bravaient les intempéries et la pollution.
  • Leur ouverture est prévue pour novembre 2019. Reste à savoir si elle confirmera la légende.

Vous êtes peut-être passés des centaines de fois devant sans les voir, noirs de crasse et de pollution derrière leur grillage à poules. Et là, c’est trop tard, ils ont pris la tangente. Deux des quatre sarcophages de pierre qui trônaient dans la niche funéraire extérieure – l’enfeu – de la basilique Saint-Sernin de Toulouse ont été enlevés.

Cette opération a été décidée par la mairie dans le cadre du projet urbanistique « Grand Saint-Sernin ». Elle va permettre de les restaurer, – « ils le méritent », assure Vincent Gallois, le curé de la basilique – d’en faire des copies pour l’extérieur, et de les mettre définitivement à l’abri à l’intérieur de la basilique. Surtout, elle sera l’occasion « de se réapproprier l’un des plus beaux morceaux de l’histoire de Toulouse », assure Laure Barthet, conservatrice et directrice du Musée Saint-Raymond qui a supervisé la « dépose » de ces cuves funéraires.

Une légende mais pas de preuves

Car ces deux sarcophages sont considérés communément, et par tradition, comme les tombeaux des puissants comtes de Toulouse. Sauf qu’ils n’ont jamais été ouverts. « Les choses les plus répandues ne sont pas forcément les mieux étudiées », relève la spécialiste. Déjà en 1989, le plus grand sarcophage – celui considéré comme étant la dernière demeure de Guillaume Taillefer, le comte de l'an mil​ – avait été exploré. « On y a trouvé des ossements datant de la bonne période mais aussi des tas de gravats et d’éléments perturbateurs d’autres époques », rappelle Laure Barthet.

Il y a bien des ossements à l’intérieur

Alors, que vont révéler les sarcophages de cette deuxième tentative d’exhumer les fameux comtes ? Sera-t-elle plus concluante ? Patience. « Déposés » ne veut pas dire ouverts. Pour cela, il faudra attendre le mois de novembre, quand « une archéo-anthropologue » viendra procéder à la délicate opération. Mais l’analyse extérieure montre déjà qu’il s’agit de sarcophages antiques comme ceux que recyclaient les célèbres notables du Moyen-Âge et disponibles en quantité dans la nécropole voisine. Des sondages par mini-caméra dans les anfractuosités naturelles permettent aussi de dire qu’ils contiennent eux aussi des ossements… et tout un tas d’autres choses.

Si aucune comparaison ADN avec d’hypothétiques descendants ne semble possible une analyse plus complète va peut-être permettre de renouer les fils du glorieux passé de la Ville rose. « Et de démêler le vrai du faux », conclut Laure Barthet.