Les joueuses du club toulousain de rugby RUBieS, qui réunit des patientes victimes d'un cancer et des soignants.
Les joueuses du club toulousain de rugby RUBieS, qui réunit des patientes victimes d'un cancer et des soignants. — B. Colin / 20 Minutes

SPORT

VIDEO. Toulouse: Victimes d'un cancer, ces femmes se soignent aussi sur un terrain de rugby

Les RUBieS, le club de rugby à 5 de soignants et malades du cancer, organise ce samedi sa première journée autour de la question du sport et de la santé à Toulouse

  • Depuis quatre ans, des femmes atteintes d’un cancer gynécologique et des soignants toulousains s’entraînent ensemble au rugby à cinq.
  • Grâce à leur engagement sur les pelouses avec les RUBieS, les joueuses oublient leur maladie et améliorent leur capacité à tolérer leur traitement.
  • Ce samedi, elles organisent leur premier salon pour parler «sport et santé» à la maison du rugby, aux Argoulets.

Mardi soir, sur les terrains de rugby des Argoulets, un groupe de femmes s’entraînent au rugby à cinq. Ici pas de plaquage, même si sur la pelouse, quel que soit leur âge, de « Mamie Nova » à Geneviève 77 ans, il n’y a que des guerrières.

Pas parce qu’elles filent des torgnoles à leurs adversaires, mais parce que pour la majorité d’entre elles, elles ont dû combattre un cancer. Et parfois, ce dernier est encore là, bien présent.

« Mais on n’en parle pas. Sur le terrain, on oublie la maladie, c’est un vrai moment de plaisir. Faire du rugby, ça m’a donné l’envie de me dépasser, ça m’a amenée à la course aussi alors que je ne faisais pas de sport. Et après cinq ans de soins non-stop, ça m’aide à mieux supporter mon traitement », souligne avec enthousiasme Amélie, une des ​joueuses des RUBieS.

Après une double mastectomie, lorsque son oncologue lui a parlé d’aller chausser les crampons, cette battante a tout de suite dit oui. C’était il y a quatre ans et le groupe faisait ses débuts à Toulouse, poussé par la Ligue Occitanie de Rugby et la Fédération française de rugby dans le cadre de la promotion du « sport santé ».

Ce sont des soignants pas très sportifs qui ont foulé la pelouse les premières fois, histoire de sortir un peu de leur sédentarité. Rapidement, les patientes victimes d’un cancer gynécologique les ont rejoints. Aujourd’hui, ils sont une soixantaine à suer ensemble plusieurs fois par semaine.

Réduis la récidive

L’association RUBieS a essaimé un peu partout en France. Ce samedi, ses membres organisent le premier salon grand public dédié au sport, à la santé et au bien-être à destination de patients touchés par un cancer.

Leurs homologues de Dijon, de Montauban et d’Argelès seront là, prêtes à montrer leur technique rugbystique devant des grands noms du monde de l’Ovalie, comme Emile Ntamack et Yannick Jauzion.

L’occasion aussi de montrer les bienfaits pour toutes ces femmes de s’être mises au rugby. « C’est prouvé, le sport permet une réduction de la fatigue, une amélioration de la tolérance au traitement anticancéreux, une réduction du risque de mortalité après récidive pouvant aller jusqu’à 40 % », explique Martine Delannes, la vice-présidente du club, radiothérapeute à la retraite.

Mais pour cette praticienne, cela permet aussi à ces femmes de « reprendre confiance en elles et de l’estime de soi ». « Quand on reprend le sport après un cancer, les capacités physiques sont moindres et cela peut être frustrant. Là, l’avantage, c’est que patientes et soignantes, on part toutes de zéro et on fait toutes ensemble des progrès, c’est un rugby adapté et encadré par des pros », poursuit-elle.

Et comme les passes au rugby se font sur l’arrière, « personne ne reste jamais en retrait, c’est celui qui court vite qui doit s’adapter », relève Stéphanie Motton, chirurgien oncologue au CHU de Toulouse et présidente de l’association. C’est un des autres avantages de ce sport aux valeurs collectives. « Et cela devient presque un traitement à part entière, c’est d’ailleurs dans le contexte d’une prescription. Des filles ont aussi arrêté de fumer, perdu du poids, en plus des bienfaits en termes de réadaptation fonctionnelle. Globalement, elles vont beaucoup mieux », conclut le médecin dont l’objectif est d’ouvrir la pratique aux autres malades d’un cancer et aux hommes.