Toulouse: Pas (encore) candidat, Jean-Luc Moudenc (LR) a déjà un bon pied dans la campagne

POLITIQUE Pas encore déclaré candidat à sa succession, le maire LR de Toulouse déploie les grands moyens pour communiquer sur son bilan. Au grand dam de l'opposition

Beatrice Colin

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Jean-Luc Moudenc, le maire sortant (LR) de Toulouse multiplie les communications sur son bilan, sans être officiellement candidat.
Jean-Luc Moudenc, le maire sortant (LR) de Toulouse multiplie les communications sur son bilan, sans être officiellement candidat. — ERIC PIERMONT / AFP
  • Jean-Luc Moudenc, le maire sortant (LR) de Toulouse, n’a toujours pas officialisé sa candidature pour les prochaines municipales.
  • Il a toutefois décidé de multiplier les communications sur son bilan de mandat et sur les projets ou mesures déjà sur les rails.
  • L’opposition municipale critique "une campagne électorale" aux frais des contribuables.

Il déroule. Depuis deux semaines, le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR) s’est lancé dans la présentation des mesures et projets réalisés depuis son élection au Capitole en 2014. Un bilan de mandat en forme de lancement de campagne à moins d’un an de l’échéance des municipales. Alors même qu’il n’a toujours pas officialisé sa candidature.

« Il y a les pressés, les pressions, nous sommes attachés à finir le travail, il y a pas mal de chantiers, nous voulons mener à bien toutes ces réalisations », assure-t-il à chacune de ses interventions, comme un leitmotiv. Il fait fi des débats sur le soutien, ou non, de La République en Marche, affirmant qu’il n’est « demandeur de rien ».

Après avoir parlé sécurité ou encore environnement la semaine dernière, taclant au passage les écologistes toulousains, Jean-Luc Moudenc a évoqué ce lundi les « réalisations les plus représentatives », achevées, à inaugurer ou qui devraient voir le jour lors d’un second mandat.

Entre la création de l’agence d’attractivité et le plan propreté, il a bordé la question des sujets phares comme celui des déplacements. « Les routes sont plus fluides et les transports en commun renforcés », a assuré l’édile citant pêle-mêle les travaux de la mise à trois voies du périphérique sud, la création de l'échangeur de Borderouge, l’amélioration de la desserte d’Airbus ou encore la multiplication des lignes de bus Linéo.

Mais côté infrastructures structurantes, les gros morceaux restent à venir. L’inauguration du doublement des rames de la ligne A se fera en novembre. Ce chantier titanesque commencé il y a plusieurs années permettra d’augmenter sa capacité de 220.000 voyageurs par jour aujourd’hui à 400.000 voyageurs après sa mise en service.

Matabiau, Ramblas d’ici la fin de l’année

S’il faudra attendre 2025 pour voir rouler la troisième ligne de métro, la déclaration d’utilité publique de ce projet devrait être prise d’ici à la fin de l’année et engagera la prochaine municipalité sur un investissement global de 2,669 milliards d’euros.

Critiqué par la Chambre régionale des comptes, son financement « est jugé crédible par le commissariat à l’investissement », a assuré le président de Tisséo et premier adjoint au maire de Toulouse, Jean-Michel Lattes.

D’ici au printemps prochain, d’autres rubans seront coupés. Ce sera le cas d’ici décembre de l’extension du parvis historique de la gare Matabiau, avec sa passerelle en bois recouvrant le Canal du Midi. Le permis de la Tour Occitanie sera aussi délivré d’ici quelques semaines.

A quelques encablures de là, les Ramblas, imaginées par l’architecte catalan Joan Busquets, prendront vie au même moment. Et en mars, le nouveau Parc des expositions de Beauzelle sera inauguré.

Critiques de l’opposition

Autant de projets détaillés sur un site Internet et présenté dans le dernier magazine municipal. Mais pour l’opposition, dans son bilan, le maire passe sous silence certaines de ses mesures, comme la hausse des impôts ou la baisse des subventions.

Et ce bilan s’apparente à « un lancement de campagne électorale aux frais du contribuable », a critiqué lors du dernier conseil municipal Isabelle Hardy qui préside le groupe « Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie ».

« Il s’agit d’informer et de promouvoir les services publics. Trop souvent, il se passe des années entre la création des équipements et le moment où les riverains ont connaissance des nouveaux services », a justifié de son côté le maire.