Toulouse: Emprisonnée en Turquie pour avoir combattu Daesh, la jeune Ebru Firat a été libérée

RETOUR L’étudiante toulousaine Ebru Firat, emprisonnée en Turquie après être partie combattre Daesh, a été libérée selon son avocate. Elle aura passé près de trois ans derrière les barreaux

Helene Menal

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Ebru Firat, à l'aéroport Toulouse-Blagnac, juste avant son arrestation à Istanbul.
Ebru Firat, à l'aéroport Toulouse-Blagnac, juste avant son arrestation à Istanbul. — Association Aleif
  • La Toulousaine Ebru Firat était partie en 2016 combattre Daesh en Syrie.
  • Elle a été arrêtée et condamnée à cinq ans de prison en Turquie pour sa proximité avec les forces kurdes.
  • Après trois ans de détention, elle serait sortie samedi de prison, selon son avocate.

Après presque trois ans passés dans les geôles turques, son calvaire est terminé. L’étudiante toulousaine Ebru Firat est sortie de prison samedi, a indiqué Agnès Casero, son avocate française, à 20 Minutes, confirmant une information donnée ce dimanche matin par La Dépêche du Midi.

La jeune fille franco-kurde, idéaliste, avait quitté la Ville rose en 2014 pour combattre Daesh en Syrie. Elle avait notamment participé à la bataille pour libérer Kobané avec les troupes du PKK.

Son engagement « pour la liberté » a brusquement pris fin le 8 septembre 2016 quand elle a été arrêtée à l’aéroport d’Istanbul alors qu’elle tentait à nouveau de rejoindre la Syrie depuis Toulouse. Le PKK, est en effet considéré comme une organisation terroriste par Ankara. Jugée sur place, la jeune fille qui a aujourd’hui 27 ans a été condamnée à cinq ans de prison.

Le sort de l’étudiante, prise dans un imbroglio diplomatique, a soulevé une vive émotion en France, où un comité de soutien national s’est constitué, et à Toulouse où elle a reçu de nombreux encouragements, y compris des personnalités politiques de tous bords. Mais sa demande de transfèrement pour qu’elle puisse purger sa peine en France a échoué.

« Tout simplement heureuse »

Alors pourquoi Ebru Firat est-elle subitement libre ? « Elle arrivait au stade de sa peine où elle pouvait faire une demande de semi-liberté qui aurait compris l’obligation de rentrer en prison le soir », raconte Agnès Casero. « Elle a donc été placée dans un centre de semi-liberté près d’Ankara durant trois jours. Elle y a été observée et samedi son régime s’est assoupli », poursuit l’avocate qui ne sait pas s’il y a eu une intervention diplomatique.

Ebru Firat est donc désormais libre de ses mouvements même si elle doit rester en Turquie pendant au minimum un an et pointer « une ou deux fois par semaine », selon l’avocate. Elle doit rejoindre des proches en zone kurde au sud de la Turquie. « Je l’ai eue hier [samedi] au téléphone, sa voix était chantante, elle était tout simplement heureuse », témoigne Agnès Casero. La Toulousaine compte aider matériellement sa cliente à s’installer avec son association Aleif, de défense des droits des femmes.