Toulouse: Un conseil de la nuit vient de voir le jour, qu'est-ce qu'on pourrait bien lui demander ?

SOCIETE La mairie de Toulouse vient de créer un conseil de la nuit, chargé d'harmoniser et d'améliorer l'ambiance une fois le soleil couché

Helene Menal

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Toulouse by night.
Toulouse by night. — A. Gelebart / 20 Minutes
  • Toulouse vient de créer un Conseil de la nuit, chargé de concilier convivialité et tranquillité.
  • L’ouverture plus tardive du métro en semaine est dans les tuyaux.
  • L’unique maire de la nuit que la Ville rose ait connu, élu en 2014, suggère aussi un service d’urgence pour les noctambules et d’arrêter de voir tout en noir.

Un « conseil de la nuit » vient de voir le jour à Toulouse. Et, non, il ne s’agit pas d’un énième escape game ou d’une improbable société secrète. C’est une nouvelle et très officelle instance municipale. Son objectif, encore très général et assez vaste, est de « permettre une meilleure cohabitation entre la ville qui dort, celle qui s’amuse et celle qui travaille ». La part de ceux qui bossent la nuit est estimée à 30.000 travailleurs – dont 450 agents municipaux – qui peuvent être considérés en termes de pharmacie, de crèche ou de transport comme des galériens.

« Nous allons démarrer par le centre-ville, indique Florie Lacroix, l’élue en charge du dossier. Il y aura d’abord des états généraux, puis nous organiserons des ateliers thématiques où nous inviterons des riverains et pas uniquement ceux qui se plaignent ».

Jardins et métro

Le conseil de la nuit, qui existe déjà à Paris et Nantes depuis 2014, va absorber les instances existantes comme la très répressive commission de la vie nocturne qui verbalise, ou ferme (c’est arrivé déjà 25 fois) les bars trop bruyants. Mais elle va aussi s’intéresser à la culture et à l’animation nocturne de la Ville rose qui sont d’incontestables manes touristiques. Ses missions iront donc de la tranquillité (avec Allo mairie et la police municipale) aux loisirs, avec -ce n’est qu’un exemple- une réflexion sur les jardins publics qui pour l’heure ne distillent leur fraîcheur nocturne qu’au moment des alertes canicule.

Parmi les mesures qui peuvent vite se concrétiser, il y a l’hypothèse d’élargir au-delà de minuit les horaires du métro en semaine. « Nous y songeons car le public est déjà au rendez-vous de l’extension des horaires le week-end, confirme Jean-Michel Lattes, l’adjoint à la Mobilité et président de Tisséo. Dès que nous aurons fini les travaux du doublement de la ligne A [en novembre 2019], nous commencerons les réunions techniques ».

Sortir de l’hypocrisie sécuritaire

Quoi d’autre ? Nous avons posé la question à Christophe Vidal, élu « maire de la nuit » en 2014 et qui, en l’absence d’autre élection, anime toujours l’association Toulouse Nocturne. « Quelle satisfaction ! (…) Mieux vaut tard que jamais », réagit-il, un brin ironique. Celui qui attend toujours les résultats d’une étude financée sur fonds publics sur le « poids économique de la nuit » a des propositions concrètes à faire.

« Le problème des transports ne peut pas être réglé uniquement avec le métro et un service d’urgence pour venir en aide à certains noctambules s’impose », énumère-t-il. Christophe Vidal a aussi des conseils en stratégie a donné à « l’élu référent » qui va devenir le roi (ou la reine) de la nuit. « Il faut arrêter de ne considérer que les nuisances et assumer sans hypocrisie que Toulouse est une ville festive, une ville du sud », suggère le maire de la nuit. Bref, d’arrêter de voir tout en noir.