Toulouse: Le difficile rassemblement de la gauche à moins d'un an des municipales

POLITIQUE Alors que la désignation d’un «chef de file» crée des tensions au sein du parti socialiste, la gauche toulousaine peine à se rassembler à un an des élections municipales

Beatrice Colin

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Illustration de la place du capitole a Toulouse, du fronton du Capitole.
Illustration de la place du capitole a Toulouse, du fronton du Capitole. — Alexandre GELEBART/REA Alexandre GELEBART/REA
  • A un an des municipales, la gauche toulousaine peine à se rassembler.
  • Les militants socialistes de la métropole toulousaine, et pas uniquement de la Ville rose, vont désigner le 29 juin le «chef de file» pour les municipales toulousaines, ce qui créé des remous en interne.
  • Fort de ses résultats aux Européennes, EELV, tout comme les communistes, appelle de son côté au rassemblement autour d’un projet plutôt que d’un candidat.

Maintenant que les Européennes sont passées et à moins d’un an des municipales, les forces de gauche tentent de recoller les morceaux à Toulouse. Surtout lorsque les sondages successifs donnent le maire sortant largement vainqueur, quels que soient ses adversaires.

Il faut dire que les formations avancent depuis des mois en ordre dispersé quand Jean-Luc Moudenc (LR) sillonne les quartiers et bat déjà la campagne sans qu’elle soit officiellement lancée. Et que LREM continue à réaliser de bons scores dans les urnes.

Les socialistes de la Haute-Garonne, dont le candidat aux Européennes, Raphaël Glucksmann, n’a pas dépassé la barre des 10 % dans la Ville rose, ont décidé d’enclencher la vitesse supérieure mardi.

Son conseil fédéral a choisi de ne plus passer par la traditionnelle investiture d’un candidat. Le 29 juin, les militants voteront pour un « chef de file » à qui reviendra la charge de négocier avec les autres formations. Et le scrutin se déroulera bien au-delà des frontières de Toulouse puisque l’ensemble des adhérents socialistes de la Métropole pourront se prononcer.

Un nouveau mode de désignation qui favoriserait selon certains le tandem Nadia Pellefigue-Claude Raynal, face au conseiller municipal Romain Cujives.

Le nouveau duo formé par l’ex-maire de Tournefeuille et la vice-présidente du conseil régional, qui avait créé son mouvement UNE en marge du PS et refusait jusqu'ici de passer par une investiture classique, aurait de fortes chances de gagner grâce au vote des militants des autres communes de la métropole.

« Notre formation n’est plus en position hégémonique, nous ne sommes pas là pour désigner le premier socialiste qui ensuite constitue sa liste. Là, nous donnons mandat à un chef de file pour clarifier la situation avec nos partenaires de gauche, pour se rassembler et bâtir un projet », assure Sébastien Vincini, le premier secrétaire du PS 31 qui se défend d’avoir modifié les statuts du parti pour cette désignation.

Un changement des règles du jeu à quinze jours du scrutin de désignation du « chef de file » qui a du mal à passer du côté des partisans de Romain Cujives, qui depuis des mois s’est mis en ordre de bataille. « On ne donne pas une très bonne image du PS à l’heure où EELV et Archipel Citoyen mettent de leur côté l’accent sur les questions de démocratie locale », déplore l’un de ses partisans.

Appel au rassemblement

Du côté des écologistes, on attend effectivement de pouvoir débattre des idées plutôt que des personnes. « Depuis février on s’est inscrit dans une démarche différente, nous lançons un appel à toutes les forces citoyennes, aux partis et mouvements. Il nous semble qu’il y a de la place pour tout le monde, on n’est plus là pour se partager les postes », tranche Antoine Maurice, l’un des porte-parole d’EELV, qui pourrait faire valoir les 21 % obtenus par sa liste aux Européennes.

Un appel au rassemblement aussi lancé par les communistes. Ce jeudi soir, une réunion doit avoir lieu entre les différentes forces de gauche. Les membres de Génération.s, le mouvement auquel appartient l’ancien maire de Toulouse Pierre Cohen, devraient aussi y participer. Elle doit permettre de mettre sur la table les ambitions de chacun. Les dissensions aussi.

De son côté la France Insoumise, dont les résultats ont chuté localement entre les législatives et les Européennes, devrait faire cavalier seul.