Les pavés rafraîchissants sont testés dans le quartier de Montaudran, à Toulouse.
Les pavés rafraîchissants sont testés dans le quartier de Montaudran, à Toulouse. — B. Colin / 20 Minutes

CA CHAUFFE

Toulouse: Pour lutter contre la chaleur, voici les premiers pavés rafraîchissants testés en Europe

Des pavés rafraîchissants, grâce à un système d’évaporation des eaux de pluie dépolluées, sont testés à Toulouse. Une première en Europe qui permet de faire baisse la chaleur d’au moins 5° C

  • Depuis un an, la Ville rose teste les premiers pavés rafraîchissants, grâce à l’évaporation des eaux de pluie stockées et dépolluées.
  • Cette innovation développée par une filiale de Veolia a permis de faire baisser de 5 °C dans la zone concernée.
  • Un dispositif expérimental qui pourrait se développer en ville pour réduire les îlots de chaleur.

Sous les pavés, la fraîcheur. Cela semble difficilement concevable l’été, lorsque la chaleur s’accumule dans le sol minéral ou le bitume toulousain. Pour éviter que les rues de la Ville rose ne se transforment en fournaise, la Métropole a décidé de participer à une expérimentation.

Elle teste depuis un an les premiers pavés rafraîchissants. Cette première européenne a expérimenté sur une petite place de 130 m2 dans le quartier de Montaudran. « Pour lutter contre les îlots de chaleur, il y a plusieurs solutions, notamment celle de la végétalisation. Là, c’est innovation qui consiste à combiner la récupération des eaux, leur dépollution et leur réutilisation grâce à l’évaporation », explique François Chollet, vice-président de la Métropole en charge de la recherche et l’innovation.

Dans un site où l’ombre est rare, un « démonstrateur de rafraîchissement urbain » a été installé il y a un plus d’un an par la société 2EI, une filiale de Veolia spécialisée dans les projets innovants.

« L’idée est d’utiliser l’eau de pluie. Elle est récupérée et stockée. Sous les pavés, un système de tuyaux en goutte à goutte a été installé et le mortier pour fixer les pavés permet à l’eau de remonter par capillarité lors de son évaporation », résume Julien Grimaud, un ingénieur de 2EI.

Baisse de température de 5 °C

En cas de sécheresse, l’eau potable peut prendre le relais. Mais la zone de stockage est dimensionnée pour couvrir 80 à 90 % des besoins, histoire que cela reste neutre en termes de bilan écologique.

Le système est déclenché lorsque le capteur météo installé à la surface enregistre un certain niveau de chaleur. Mis en service pour une première phase de tests l’été dernier, le dispositif de rafraîchissement par le sol « a permis une réduction de la température de plus de 5 °C et une amélioration de l’indice de confort de 5 °C », assure Julien Grimaud.

Les prochains mois serviront à confirmer les premiers résultats pour ce programme labellisé « Ecocité ville de demain » d’un coût de 300.000 euros financé par la Caisse des dépôts et consignations, Véolia et Toulouse Métropole.

Un système similaire de « pavés évaporatifs » est aussi en phase d’installation à Nice. A une nuance près, les dalles azuréennes sont issues du recyclage de coquille Saint-Jacques, alors que celles de la Ville rose viennent du Japon.

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