Toulouse: Ils réclament aux collectivités des millions pour les précaires, autant que pour Notre-Dame

MANIFESTATION Un collectif d’associations se mobilise mercredi à Toulouse pour demander aux collectivités de réorienter les dons affectés à Notre-Dame vers des projets au profit des gens en situation de précarité

Beatrice Colin

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Lors de l'incendie de Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019.
Lors de l'incendie de Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019. — Emma PROSDOCIMI/SIPA
  • Au lendemain de l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame, le 15 avril, 3,5 millions d’euros étaient débloqués par la Région Occitanie, le Département de la Haute-Garonne et Toulouse Métropole.
  • Un collectif d’associations se mobilise mercredi pour demander aux collectivités de réorienter ces fonds vers les projets en faveur des personnes en situation de précarité.
  • Les collectivités visées dénoncent un « faux procès ».

Le 16 avril dernier, au lendemain de l’incendie qui a ravagé Notre-Dame, les collectivités locales décidaient de débloquer en urgence des fonds pour la reconstruction du monument parisien.

Entre la Région, le Département de la Haute-Garonne et la Métropole, 3,5 millions d’euros étaient mis sur la table pour participer à l'élan de solidarité à destination de la cathédrale, un incontournable du patrimoine français. Une somme qui a du mal à passer du côté d’un certain nombre d’associations toulousaines.

« On parle beaucoup de baisse des budgets dans les Ehpad, les hôpitaux, plus rarement des coupes budgétaires qui touchent le social. Souvent, lors de nos rendez-vous avec les collectivités, on nous dit qu’il n’y a pas d’argent. Et là, en une journée, 3,5 millions d’euros ont été trouvés », relève Sarah du collectif citoyen Lutte sociale.

Aux côtés d’autres associations, ce collectif militant a lancé une pétition qui a recueilli près de 3.000 signatures. Ce mercredi, ses représentants ont décidé d’interpeller directement les collectivités donatrices pour qu’elles soient aussi généreuses envers les plus précaires.

Ils se rendront en début d’après-midi devant l’Hôtel de région et puis devant celui du département, avant d’aller devant le siège de la Métropole pour solliciter une réorientation des fonds vers des projets du secteur sanitaire et social.

« Cela paraît dérisoire, mais avec 1 million d’euros on pourrait pérenniser de nombreuses places d’hébergement d’urgence ouvertes durant l’hiver et qui doivent fermer. C’est une question de principe et de choix politique », poursuit Sarah.

Faux procès pour les collectivités

Pour le conseil départemental, c’est « un faux procès » qui lui est fait. Cette aide exceptionnelle allouée à Notre-Dame, « ne remet nullement en cause [ses] engagements envers des Haut-Garonnais les plus fragiles. Malgré les restrictions budgétaires qui pèsent sur les collectivités territoriales, le Département poursuit une politique sociale ambitieuse et alloue chaque année des moyens supplémentaires pour soutenir les plus démunis », insiste la collectivité.

« Votre communiqué laisse entendre que les collectivités qui ont participé à cette solidarité nationale ne s’occupent pas de leurs territoires, de leurs concitoyens, au profit de la reconstruction, je cite, d’un « bâtiment parisien ». ​​La solidarité, ce n’est pas un slogan, ce sont des actes, la preuve par le budget de 25 millions d’euros alloué chaque année par la Région pour des actions fortes », répond dans un courrier de son côté Carole Delga, la présidente de la Région.

A titre de comparaison, l’élue met en avant la solidarité nationale lorsque l’Aude a été touchée par les inondations.