Toulouse: La bonne recette de Thierry Marx pour donner le mode d'emploi(s) aux futurs cuisiniers

COUP DE MAIN Destinée aux demandeurs d’emploi, la 8e école de formation aux métiers de la restauration créée par le chef Thierry Marx vient d’ouvrir ses portes à Toulouse

Beatrice Colin

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Le chef Thierry Marx, fondateur des écoles de formation
Le chef Thierry Marx, fondateur des écoles de formation — VINCENT LOISON/SIPA
  • Le chef étoilé Thierry Marx a inauguré à Toulouse sa huitième école « Cuisine, mode d’emploi(s) ».
  • Elle s’adresse aux demandeurs d’emploi et délivre une formation gratuite de onze semaines.

Pierre-Yves est loin de sa cuisine où il aime reproduire les recettes qu’il a trouvées sur Internet. Depuis quinze jours, ce trentenaire formé en école de commerce apprend à devenir un vrai pro des fourneaux.

Fonds de sauce, crèmes, pâtes à choux, aux côtés des dix autres élèves de l’école « Cuisine, mode d’emploi(s) » il se familiarise avec « près de 80 gestes techniques et une centaine de recettes issues du patrimoine culinaire français », indique Halim Letiffi, son formateur.

Ce lundi, ils recevaient la visite Thierry Marx, le fondateur de cette école de formation aux métiers de la restauration, dont le site toulousain, installé au sein du Marché d’intérêt national, est le 8e à voir le jour. Aux côtés de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, le chef étoilé est venu expliquer comment en onze semaines on peut remettre le pied à l’étrier à des gens à la recherche d’un emploi.

« Cuisine mode d’emploi(s) permet à des personnes, qui des fois se croyaient assignées à un quartier, assignées à l’échec, de reprendre confiance en elles. On pose peu de questions aux candidats, on se base sur la motivation. On les accompagne dans leur projet », avance celui qui a eu aussi un cursus scolaire chaotique avant de devenir une référence de la gastronomie française.

Neuf stagiaires sur dix trouvent un emploi

Depuis le lancement en 2013 de sa première structure, plus de 1.600 stagiaires ont été formés gratuitement à la cuisine. Neuf sur dix ont trouvé du travail et près de 70 % ont créé leur propre entreprise.

« Il y a un véritable enjeu car d’un côté nous avons des professionnels qui cherchent du personnel et ont du mal à en trouver et de l’autre nous avons des demandeurs d’emploi qui n’ont pas eu la chance de se former. L’école montre qu’il n’y a pas d’âge pour se former, pour apprendre et réussir », s’est félicitée Muriel Pénicaud.

Lors de l'inauguration de l'école toulousaine
Lors de l'inauguration de l'école toulousaine - B. Colin / 20 Minutes

Ce côté seconde chance, c’est ce qui a plu à Laurine. A 31 ans, elle pensait qu’il était trop tard pour se reconvertir. Jusqu’à ce qu’on l’oriente vers cette nouvelle formation réservée aux demandeurs d’emploi. « Je ne me voyais pas faire non plus un CAP, c’est trop long, là c’est trois mois et tout le monde sait pourquoi il est là. Et puis, avoir fait une école lancée par Thierry Marx, c’est un gage de qualité », s’enthousiasme la jeune femme.

Pour commencer, elle rêve d’intégrer la brigade d’un restaurant gastronomique, comme commis. Et demain, pourquoi pas, faire le tour du monde grâce à sa cuisine.