Toulouse: Comment une crèche s'est dotée d'un arsenal (bio) contre le moustique tigre

GUERRE Face à l’enquiquinant moustique tigre, les tactiques s’améliorent. A Toulouse, une crèche particulièrement exposée concentre tous les moyens de lutte biologique disponibles

Helene Menal

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Des moustiques tigres. Illustration.
Des moustiques tigres. Illustration. — LODI FRANCK/SIPA
  • Le moustique tigre est devenu l’ennemi public n° 1 à Toulouse.
  • Dans le quartier de Croix-de-Pierre, une crèche a été dotée d’un véritable arsenal biologique, semble-t-il efficace.
  • Les particuliers qui ne suivent pas le bon exemple risquent une amende à 450 euros.

Entre les trombes d’eau de ces derniers jours et l’arrivée de l’été – enfin – annoncée pour la fin de semaine, pas la peine de se faire d’illusion ; le moustique-tigre va passer à l’attaque. Mais cet assaut est attendu relativement sereinement à la crèche municipale Croix-de-Pierre, dans le quartier toulousain du même nom. « Je peux vous assurer qu’il n’y a plus aucune crainte à avoir », assure Françoise Roncato, élue en charge des animaux dans la ville.

Des plantes répulsives anti-moustiques dans la crèche toulousaine de Croix de Pierre.

Il faut dire que l’établissement qui ne manque ni d’arbre, ni de verdure, est échaudé. Au printemps dernier, il a fait l’objet d’une attaque en règle de l’agaçant insecte. Les plaintes des parents se sont multipliées. « Nous avons donné l’alerte immédiatement », se souvient la directrice, Maud Dolique. Avec comme effet immédiat la transformation de la crèche en base expérimentale de la lutte contre le moustique tigre.

On y compte à peu près toutes les armes bio imaginables : des nichoirs à chauve-souris en haut des arbres, des moustiquaires aux fenêtres des dortoirs, une collection impressionnante de plantes aromatiques répulsives, des pièges pondoirs où les femelles se retrouvent emprisonnées et même deux bornes à CO2 qui aspirent les insectes en imitant la respiration humaine.

Alors, après une saison d’expérimentation, qu’est-ce qui marche le mieux ? « Il n’y a pas un procédé plus efficace qu’un autre, c’est un ensemble », répond Françoise Roncato qui a commandé 2.500 pots de plantes répulsives en tout pour les crèches et renouvelé l’installation de 15 bornes.

Attention à la prune à 450 euros

Dans la crèche toulousaine de Croix de Pierre, les enfants ont pris l'habitude de retourner leurs jouets pour éviter d'attirer les moustiques tigres.

Et puis il y a des méthodes encore plus naturelles. A la crèche de Croix-de-Pierre, les enfants ont pris l’habitude de ne pas laisser traîner leur dînette dehors et de retourner leurs brouettes en plastique contre le mur, histoire d’éviter l’accumulation d’eau stagnante. Et ils ont un tee-shirt à manches longues dans leur sac.

« Cette génération, qui va vivre avec le moustique tigre, est en train d’acquérir des réflexes que nous n’avons pas et de les transmettre aux parents », souligne Laurence Katzenmayer, l’adjointe en charge de la petite enfance.

Et ne pas suivre l’exemple de ces pitchouns pourrait considérablement alléger le porte-monnaie de certains. Le moustique tigre étant devenu l’ennemi public n°1 à Toulouse, les agents de la mairie guettent les jardins mal entretenus et les « spots » d’eau croupie. Pour l’instant, ils se contentent d’avertissements. « Mais les premiers PV à 450 euros ne devraient pas tarder à tomber », prévient Françoise Roncato.

 

20 Minutes de contexte

En 2017, la mairie de Toulouse a reçu 500 plaintes d’administrés concernant les moustiques tigres. En 2018, il y en a eu un peu moins de 300. Elle en est à une quinzaine cette année, mais la saison ne fait que commencer.