Haute-Garonne: Oui, les «Petites filles modèles» ont vraiment existé et vous pouvez les «croiser» à Verfeil

INSOLITE Camille et Madeleine, les « Petites filles modèles » de la Comtesse de Ségur ne sont pas des personnages de fiction. Verfeil, la petite commune où elles sont enterrées près de Toulouse, leur rend un hommage bucolique

Helene Menal

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Le sentier qui mène au cimetière de Verfeil où sont enterrées, les vraies petites filles modèles.
Le sentier qui mène au cimetière de Verfeil où sont enterrées, les vraies petites filles modèles. — D. Naudinat - Mairie de Verfeil
  • Les héroïnes presque parfaites de la Comtesse de Ségur ont réellement existé.
  • Elles n’étaient autres que les petites-filles en chair et en os de l’écrivaine.
  • Verfeil, la petite commune près de Toulouse où les « Petites filles modèles » sont enterrées, a décidé de raviver la mémoire de Camille et Madeleine.

A la bibliothèque de Verfeil, dans la Haute-Garonne, il y a plusieurs exemplaires des Malheurs de Sophie et des Petites filles modèles de la Comtesse de Ségur. Pourquoi cet attachement désuet à l’heure où, s’il faut s’intéresser à un enfant en manque de repères, la jeunesse kiffe bien plus Harry Potter que l’infernale Sophie maltraitée par sa marâtre ?

Les tombes des petites filles modèles, à Verfeil, près de Toulouse.

La réponse se trouve à trois kilomètres du village, au bout d’un chemin bucolique qui débouche sur un petit cimetière propret. A l’ombre des cyprès, quatre tombes grises et plates sont entourées d’une grille. C’est là que sont enterrées Camille et Madeleine – Malaret de leur vrai nom – les bien réelles petites filles presque parfaites qui ont inspiré la Comtesse de Ségur.

En fait, Nathalie, l’une des filles de l’écrivaine, a épousé un baron d’Ayguevives, près de Toulouse. Camille et Madeleine sont les deux filles du couple qui possédait une belle « ferme » (qui existe toujours) à Verfeil et y séjournait souvent. « Camille et Madeleine ne sont autres que les petites-filles de la Comtesse de Ségur pour qui elle avait beaucoup d’affection et qu’elle souffrait de ne pas voir souvent. C’est pour elles et ses autres petits enfants qu’elle a voulu écrire des contes pour enfants », explique David Naudinat, guide conférencier en charge de la culture à Verfeil.

Pour Madeleine, le sentier a mené au couvent

Ce lien entre la réalité et la fiction, n’est pas un secret à Verfeil. « Même s’il n’a pas toujours été mis en avant, les Verfeillois tiennent à leurs héroïnes et en sont fiers », poursuit celui qui a passé ces derniers mois à fouiller l’arbre généalogique des Malaret, retrouvant des descendants du côté de Fréjus. « C’est vrai que c’est assez particulier, reconnaît une habitante, il m’arrive de m’arrêter au cimetière quand je me balade avec des copines. Il n’y a pas si longtemps, j’étais seule et j’y ai fait une halte ».

Une escale qui pourrait devenir plus fréquentée. Samedi, jour de la sainte Sophie, le bourg inaugurera un « Sentier du souvenir », avec des panneaux explicatifs guidant promeneurs et amateurs de littérature du village à l’église. « Il y a aussi une dimension écologique pour inciter les habitants à se rendre au cimetière à pied », complète David Naudinat.

L’occasion pour les curieux de lire sur les stèles la fin de l’histoire, plutôt triste, des Petites filles modèles. Camille est morte à 35 ans, emportée par la phtisie comme sa célèbre grand-mère. Madeleine est entrée au couvent.