«Gilets jaunes» à Toulouse: Le maire demande l'interdiction de manifester en centre-ville durant quatre jours

SOCIETE Dans le cadre d’une animation commerciale du 13 au 16 juin, le maire de Toulouse demande au préfet d’interdire toute manifestation ces jours-là. les défenseurs des libertés publiques sont vent debout

Beatrice Colin

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Lors de l'acte 25 des
Lors de l'acte 25 des — FRED SCHEIBER/SIPA

Cela faisait partie des mesures annoncées pour redynamiser l'activité commerciale du centre-ville, mise à mal par 26 samedis de manifestation des «gilets jaunes» à Toulouse.

Du 13 au 16 juin, une grande opération commerciale doit avoir lieu dans les rues de la Ville rose, sur le périmètre retenu habituellement pour la braderie. Objectif : « inciter les clients à se réapproprier le centre-ville », indiquent la mairie de Toulouse, la Chambre de commerce, celle des métiers ainsi que la fédération des commerçants.

C’est dans ce cadre-là que Jean-Luc Moudenc (LR) et les présidents des chambres et de la fédération ont décidé d’envoyer un courrier au préfet de la Haute-Garonne pour lui demander d’interdire au cours de ces quatre jours toute manifestation en centre-ville. Comme cela est déjà le cas pour la place du Capitole depuis plusieurs samedis.

« Le centre-ville ne peut être un véritable succès que si le centre-ville n’est plus touché par les manifestations que nous connaissons actuellement », plaident les quatre représentants.

Atteinte aux libertés publiques

Et d’indiquer que « dans le cas contraire, nous ne pourrons maintenir cet événement déjà lancé et qui revêt une importance particulière dans le contexte difficile ». Pour l’heure, la préfecture de la Haute-Garonne indique qu’elle étudie cette demande.

Mais du côté des défenseurs des libertés publiques, la demande fait grincer des dents. « Ce qu’on demande là c’est de faire passer le commerce avant les libertés publiques, ce qui est intolérable. On peut interdire une manifestation au nom du trouble à l’ordre publique, que je sache, l’existence d’une braderie n’en est pas un », plaide Pascal Nakache de la Ligue des droits de l'Homme.

Ce dernier déplore « une dérive sur cette question des interdictions dans laquelle s’engouffre tout un tas de politique ».