VIDEO. Prise d’otages à Blagnac: «Il obéissait à des ordres», témoigne la gérante du tabac-presse

TEMOIGNAGE Après la prise d’otages qui a eu lieu mardi près de Toulouse, la gérante du commerce qui a été retenue plusieurs heures livre son témoignage

E.P.

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Une prise d'otages a eu lieu à Blagnac.
Une prise d'otages a eu lieu à Blagnac. — Google street view
  • La gérante du tabac-presse de Blagnac, retenue plusieurs heures par un forcené avec trois autres otages, raconte son expérience éprouvante à La Dépêche du Midi.
  • Les propos du jeune homme n’étaient pas très clairs mais la patronne du commerce a eu l’impression qu’il obéissait à des ordres.

La prise d’otages qui a eu lieu mardi à Blagnac dans un tabac-presse s’est heureusement bien terminée. Au bout de quelques heures, le preneur d'otages, un homme de 17 ans​, a relâché les quatre femmes (la gérante, sa fille et deux employées) et s’est rendu à la police. Monique Lelté, la gérante du commerce, a livré son témoignage à la Dépêche du Midi ce mercredi, après cette expérience éprouvante.

Elle raconte qu’elle a senti que quelque chose clochait quand elle a entendu le rideau de son commerce se baisser à 16 h, alors qu’elle était à l’étage où se trouve son logement. L’individu armé qui a pénétré dans son tabac a alors demandé à tous les clients de sortir. Elle a discuté avec lui sans vraiment comprendre ce qu’il voulait : « Il me disait qu’il était militaire, qu’il représentait une branche armée des "gilets jaunes". Qu’une dizaine d’opérations de ce genre allaient être menées dans toute la France, jusqu’à ce qu’ils aient la tête du président Emmanuel Macron. »

Un communiqué des «gilets jaunes» toulousains a été envoyé à la presse ce mercredi pour condamner la prise d’otages et apporter son soutien aux victimes.

« J’ai cru que ma dernière heure était arrivée »

Les quatre otages devaient régulièrement aller inspecter les fenêtres pour y compter les forces de l’ordre. « Il n’était pas tout seul… Il disait qu’il avait des "yeux à l’extérieur". Il obéissait à un plan, à des ordres. D’ailleurs, il nous l’a dit à plusieurs reprises. À un moment, je me suis demandé si ce n’était pas un schizophrène en pleine crise. Mais lorsque j’ai vu qu’il était organisé… Cela m’a paru improbable », raconte à La Dépêche Monique Lelté.

Elle a eu peur pour sa vie vers la fin de la soirée : « Nous étions postées devant chaque entrée possible pour servir de bouclier, j’ai cru que ma dernière heure était arrivée », se souvient-elle. C’est vers 23 heures, que le jeune homme avec qui les forces de l’ordre ont discuté longuement, s’est résolu à les relâcher.