Toulouse: Plus de 4.100 personnes sans domicile fixe recensées par la mairie

SOCIETE Un recensement des personnes sans logement à Toulouse a été mené lors d’une soirée. Elles sont plus de 4.100, dont 700 à la rue, en squat ou campement

Beatrice Colin

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Toulouse, le 5 février 2013. Un sdf dans une rue du centre ville.
Toulouse, le 5 février 2013. Un sdf dans une rue du centre ville. — Fred.Scheiber
  • Des volontaires municipaux ou associatifs ont passé une soirée à recenser les sans domicile fixe de Toulouse.
  • Ils en ont compté 4.100 dans la rue, les squats ou centres d’hébergement. Un chiffre probablement en dessous de la réalité.

Le 15 février, entre 21h et minuit, des bénévoles de la mairie et de plusieurs associations ont sillonné les rues de la Ville rose pour recenser les personnes à la rue, et plus largement sans domicile fixe. Un état des lieux qui s’inscrit dans le cadre du programme «logement d'abord» présenté à Toulouse en septembre 2017 par Emmanuel Macron.

Ce soir-là, ils étaient près 3.400 à être hébergés dans une structure d’urgence, à l’hôtel ou dans un gymnase. Sur le terrain, que ce soit en squat, dans un campement ou sur les trottoirs, 767 autres personnes sans abri ont été recensées, parmi lesquelles plus de 260 enfants.

Tous les squats et camps n’ayant pas été visités, la mairie reconnaît qu’il y a une marge d’erreur, le nombre global de personnes pouvant être plutôt de 5.000 comme l’affirme l’association Droit au logement.

78 % n’appellent jamais le 115

Près de 85 % des adultes rencontrés ont accepté de répondre à un questionnaire. « Il a permis de déterminer que 70 % sont des familles. La plupart de ces personnes avaient besoin d’un logement depuis plus d’un an, mais la moitié seulement avait vu un travailleur social au cours de la dernière année, ce qui montre la nécessité d’améliorer l’accès au droit », avance Daniel Rougé, l’adjoint au maire chargé de la prévention et de l’exclusion.

D’autant que 78 % n’appellent jamais le 115, par lassitude, faute de réponse parfois. « Ces personnes sont éloignées des services sociaux, il faut aller vers elles, c’est pour cela que nous avons lancé les permanences des Droits du cœur qui les aident dans leur démarche », complète Francis Bornet, responsable rue des Restos du cœur qui a participé à cet état des lieux au même titre que le Secours catholique.

Au-delà de l’accueil d’urgence, Daniel Rougé voit plus loin et estime qu’il « est nécessaire de mobiliser et construire plus de logements accessibles, d’élaborer un vrai plan d’inclusion par le logement et d’accompagner les gens pour qu’ils restent après dans le logement ».