Toulouse: Non, l'Amazonie n'est pas qu'une immense forêt vierge, le Muséum de Toulouse en apporte la preuve

EXPOSITION A partir de mardi, le Muséum de Toulouse ouvre les portes de sa nouvelle exposition, « Oka Amazonie », qui sort des sentiers battus de l’Amazonie, vaste forêt vierge, pour parler de ceux qui y vivent

Béatrice Colin

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Lors de la journée des peuples autochtones de Guyane, à Cayenne avec au premier plan, Cécile Kouyouri , première femme chamane
et cheffe coutumière.
Lors de la journée des peuples autochtones de Guyane, à Cayenne avec au premier plan, Cécile Kouyouri , première femme chamane et cheffe coutumière. — Pierre-Olivier Jay – Agence 97PX
  • La nouvelle exposition du Muséum de Toulouse, OKA Amazonie, ouvre ses portes au public mardi.
  • Au-delà de la faune et la flore sauvage, elle présente et déconstruit les idées reçues sur les peuples autochtones et évoque leur combat.
  • Une nuit amazonienne est organisée en avant-première ce vendredi soir pour lancer l’exposition.

Alors qu’au sous-sol, les mystères de l'île de Pâques sont démystifiés, le Muséum de Toulouse propose à partir de mardi de sortir l’Amazonie de l’imagerie populaire d’une immense forêt vierge inhabitée, et en avant-première dès vendredi soir.

Certes, la riche biodiversité de ce vaste espace de 6 millions de km2 n’est pas oubliée. Les visiteurs pourront ainsi découvrir à quoi ressemble un singe araignée ou un capybara. Les plus aventuriers pourront même mettre leur odorat au supplice en découvrant à quoi ressemble l’odeur de l’urine de jaguar.

Mais au-delà de mise en avant du patrimoine faunistique de l’Amazonie, une vaste place est accordée aux peuples autochtones qui y vivent, en particulier ceux de la Guyane française. Car cette contrée végétale est habitée depuis des milliers d’années par des populations qui l’ont façonné.

« La forêt est habitée depuis des millénaires par des cultures, plus de 200 sur l’Amazonie, six cultures sur le territoire spécifique de la Guyane », explique Francis Duranthon, le conservateur du Muséum.

Entre traditions et modernité

Pour lui, cette exposition s’inscrit dans le cadre de l’année des langues autochtones proclamée par l’ONU. Et à cette occasion, il était important d’aborder « la reconnaissance de ces cultures, qui sont des cultures françaises ».

« Il y a en France métropolitaine, une méconnaissance des peuples autochtones. Que l’on soit présent, c’est important pour décrire ce qui se passe, les difficultés et les problématiques que l’on a aujourd’hui », explique Claudette Labonté de la fédération Pahikweneh de Guyane, coordinatrice « Femme et Famille » du bassin amazonien.

Il y a les batailles administratives, comme celle de son peuple, les Palikur, qui n’a toujours pas de compteurs d’eau alors qu’il est installé entre Cayenne et Kourou. Le problème de l’orpaillage ou encore le fléau du suicide chez les jeunes est abordé. Comme la double culture de ces populations, pris entre leur culture traditionnelle et la modernité occidentale.