VIDEO. Toulouse: «Brigade du tigre» et poissons gloutons, les nouvelles armes pour chasser le satané moustique

INSECTE Excédés par la prolifération des moustiques tigres, des habitants ou communes de l’agglomération de Toulouse testent de nouvelles techniques. Comme la très citoyenne « Brigade du tigre »

Helene Menal

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Illustration d'un moustique tigre.
Illustration d'un moustique tigre. — Noriaki Sasaki/AP/SIPA
  • Chauves-souris, poissons gloutons, plantes répulsives… pour faire face au moustique tigre, les mairies de l’agglomération toulousaine multiplient les expérimentations bio.
  • Mais à Blagnac comme à Toulouse, les maires appellent les habitants à se prendre en main.
  • Comme la « Brigade du tigre », une équipe de voisins déterminée.

Les apéros printaniers interrompus, l’étendage du linge qui vire au parcours du combattant… dans l’agglomération toulousaine, les habitants se préparent à vivre un troisième été de pénible cohabitation avec le moustique tigre.

Mais au fur et à mesure qu’il prolifère, ses « adversaires » s’aguerrissent. Et pour la première fois cette année, l’insatiable insecte devra affronter la Brigade du tigre du côté du quartier Rangueil-Sauzelong. Cette « task force » citoyenne a été imaginée par Yvonne, Patrick, Isabelle et Jean, deux couples de voisins. « A force de nous documenter, nous avons compris qu’il ne servait à rien d’agir seul dans son coin puisque le rayon d’action du moustique tigre peut atteindre les 150 mètres », explique Yvonne.

Après deux réunions de quartier, et des soirées à compulser des documents, la Brigade du tigre compte 90 foyers, répartis en « îlots » de combat, et couvre « six à huit rues ». Ce jeudi soir, lors d’un « apéritif partagé », tout un tas de conseils seront à nouveau échangés sur la meilleure façon de tailler ses arbres ou sa pelouse et, surtout, plus de 150 pièges achetés en gros et en commun seront distribués pile poil avant la période de ponte. « La brigade crée aussi du lien social, il y a par exemple dans le quartier des personnes âgées que les voisins aident à nettoyer leurs gouttières », souligne Yvonne. Le tout sans création d’association, ni page Facebook.

Débat sur les chauves-souris

Cette mobilisation est saluée par le maire. « C’est un bel exemple de vigilance citoyenne », assure Jean-Luc Moudenc (LR) bien sensibilisé au problème par les courriers « parfois violents » des habitants. « La seule solution de masse, c’est la prévention, dit-il, si on est capable de tenir notre environnement, d’avoir les bons réflexes, on peut fortement diminuer les désagréments ».

Cette année, en plus de la grande campagne d’information qui sera lancée début mai, les agents municipaux vont donc sensibiliser les commissions de quartier. « 82 sites ont également été traités préventivement », ajoute Françoise Roncato, l’élue en charge du dossier, qui s’apprête à prendre livraison de « 2.150 pots de plantes répulsives », de la mélisse à la menthe poivrée, pour les disposer dans des crèches.

La ville de Blagnac de son côté, va ajouter 30 nichoirs à chauve-souris dans ses parcs. Une technique que ne préconise pas la Brigade du tigre « parce que le moustique tigre sort le jour et les chauves-souris la nuit ». « Mais le moustique tigre peut sortir jusqu’à 22 heures et c’est pile la période qui nous intéresse », assure Pascal Boureau l’adjoint blagnacais au Cadre de vie. Les chiroptères ne sont de toute façon pas la seule corde à son arc. La commune a disséminé quelque 200 pièges pondoirs, « à proximité des habitations ». Ils imitent à merveille l’eau croupie et les larves y restent prisonnières. Autre arme originale, l’introduction sur les plans d’eau de gambusies, un poisson banal qui a le gros avantage de se goinfrer de moustiques.

« Mais il faut absolument que les habitants prennent le relais de ces mesures », insiste Joseph Carles (PRG), le maire de Blagnac. Il conseille aux administrés qui le peuvent de s’équiper de pièges.