Toulouse: Le fameux «immeuble de la honte», symbole de l'habitat indigne, vit ses derniers jours

VERRUE L’immeuble des Castalides, symbole toulousain de l’habitat indigne et des marchands de sommeil, va disparaître du paysage. Les bulldozers entreront en action le 23 avril

Helene Menal

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L'immeuble des Castalides, encore habité, à l'été 2013. Archives.
L'immeuble des Castalides, encore habité, à l'été 2013. Archives. — Fred.Scheiber
  • Evacuée en août 2013, la copropriété des Castalides, a été surnommée « l’immeuble la honte ».
  • Depuis, la métropole a racheté les 399 appartement un à un.
  • Le dossier est bouclé et la démolition du bâtiment commencera le mardi 23 avril.
  • Ce symbole de l’habitat indigne aura coûté 14 millions d’euros à la collectivité.

Au Mirail, cette opération pourrait bien devenir la principale attraction des vacances de Pâques. Mard 23 avril, bulldozers et pelles mécaniques entreront en action pour rayer les Castalides de la carte.

Cette copropriété de 399 logements avait défrayé la chronique au cœur de l’été 2013 quand ses habitants avaient organisé des visites guidées pour montrer les tas d’immondices qui recouvraient les pelouses, les fils électriques à nu sous les gouttières, les ascenseurs défoncés et les rampes d’escalier envolées. Dans « l’immeuble de la honte », des locataires de bonne foi côtoyaient des sans-papiers logés dans des conditions indignes par des marchands de sommeil.

La démolition des Castalides a été maintes fois annoncée depuis l’évacuation de l’immeuble par la force fin août 2013. Mais le chantier a été titanesque pour la Métropole, obligée de racheter un à un les appartements à des propriétaires parfois récalcitrants.

Entre ces acquisitions, le chantier de désamiantage, le gardiennage et la colossale démolition qui se profile, la facture totale s’établit à « à plus 14 millions d’euros pour la collectivité ».

De nouveaux logements en projet

Mais que faire de l’immense surface ainsi dégagée ? « Le terrain est plutôt bien situé à la frontière du Mirail et des Pradettes, un secteur déjà bien doté en logements sociaux. Nous allons privilégier des logements intermédiaires ou de l’accession sociale à la propriété, de façon à amener de la mixité », indique Jean-Luc Moudenc (LR), maire de Toulouse et président de la Métropole.

Les Castalides sont symboliques mais ne constituent pas un cas isolé. Une vingtaine de copropriétés « dégradées » ont été identifiées à Toulouse. La semaine dernière, à l’occasion de la visite de Julien Denormandie, le ministre du logement, une convention a été signée entre la Métropole et l’Agence nationale de l'Habitat (Anah). « Elle porte sur une enveloppe de 231 millions qui serviront à entreprendre des travaux que les propriétaires ne peuvent pas prendre en charge », précise le maire. Pour éviter le pire, comme aux Castalides.

Douloureux épilogue aux Castalides