Toulouse: L'arrivée des petits-déjeuners gratuits à l'école? Pas si simple temporise la mairie

EDUCATION A Toulouse, la mairie temporise sur l’arrivée des petits-déjeuners gratuits dans les écoles défavorisées. Elle ne sera pas prête pour le 17 avril  

Helene Menal

— 

Une petite fille qui prend son petit-déjeuner.
Une petite fille qui prend son petit-déjeuner. — M. Gile - Sipa
  • Toulouse est concernée par l’expérimentation des petits-déjeuners gratuits dan les écoles défavorisées.
  • La mairie est d’accord pour faire un test mais ne sera pas prête à la date annoncée du 17 avril.
  • L’élue en charge du dossier préférerait démarrer par une seule école et se pose quantité de questions.

Non, il n’y aura pas de petits-déjeuners gratuits dès la semaine prochaine dans les écoles de Toulouse. Cette mesure, annoncée dimanche par Christelle Dubos, secrétaire d’Etat à la Santé, doit être expérimentée dans les « écoles défavorisées » de l’Académie de Toulouse et donc a fortiori dans la Ville Rose. Théoriquement, quelque 10.000 élèves de 62 écoles ( classées Rep ou Rep +​) sont concernés.

Mais « rien ne démarrera le 17 avril, indique sans détour Marion Lalane de Laubadère, l’ajointe aux Affaires scolaires. Nous le ferons dans la mesure de nos capacités et quand nous en serons capables ».

A partir de mercredi, l’élue va enchaîner les réunions avec les services départementaux de l’Education nationale pour tenter d’obtenir des réponses à toutes les questions qu’elle se pose, et elles sont nombreuses : « Quoi donner à manger, à quel moment, à qui ? »…

En attendant les clarifications techniques, l’élue se dit favorable dans un premier temps « à une expérimentation à toute petite échelle, pourquoi pas dans une seule école ».

Faut-il cibler les élèves ou généraliser ?

La mesure doit permettre aux enfants qui arrivent le ventre vide à l’école de prendre un petit-déjeuner équilibré. Des élèves pas toujours faciles à repérer et que ce premier repas pris en commun pourrait stigmatiser. Marion Lalane de Laubadère est pourtant plutôt partisane d’un « ciblage ». « Si le petit-déjeuner est servi à tout le monde, cela pose un problème de santé pour les enfants qui risquent de petit-déjeuner deux fois alors qu’on s’est battu pendant des années pour supprimer la collation matinale au nom de la lutte contre l’obésité », explique-t-elle. Elle ne se voit pas non plus conseiller à des parents de sauter le moment d’intimité familiale qu’est pour certains le petit-déjeuner.

Enfin, l’élue se refuse à instaurer cette nouveauté à la va-vite sans consulter enseignants et parents.

Concernant l’autre annonce dominicale, la cantine à un euro pour les familles en difficulté, l’équation est bien plus simple à Toulouse. La formule existe déjà depuis 2015, elle est même à « 94 centimes le repas » pour les foyers qui gagnent moins de 1.000 euros par mois, hors prestations sociales. Environ 10.000 élèves bénéficient de cette tranche tarifaire, pour 1.000 autres la cantine est gratuite.