Toulouse: La mairie va devoir se positionner sur l'interdiction d'animaux sauvages dans les cirques

CIRQUE Un vœu des élus écologistes demandant l’interdiction de cirques avec animaux sauvages est présenté ce vendredi en conseil municipal

Beatrice Colin

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Une lionne dans une cage. (Illustration)
Une lionne dans une cage. (Illustration) — Juan Karita/AP/SIPA
  • Un vœu des élus écologistes visant à interdire les cirques animaliers est présenté ce vendredi en conseil municipal.
  • Cette proposition est un moyen pour l’association Paris Animaux Zoopolis d’avoir une prise de position politique de la mairie.
  • Plusieurs mairies, notamment Montpellier, ont pris position contre les cirques avec animaux sauvages, tout comme l’élu de la majorité, le député Jean-Luc Lagleize.

Il y a un an, Philippe Saurel, le maire de Montpellier, annonçait qu'il interdirait en 2019 la venue sur le territoire de sa commune les cirques mettant en scène des animaux sauvages. Une prise de position politique qui s’est traduite par un vote lors d’un conseil municipal en novembre dernier.

Une question sur laquelle les élus toulousains devront se positionner ce vendredi. Le groupe écologiste, à la demande de l’association Paris Animaux Zoopolis, va soumettre un vœu faisant deux propositions.

La première consiste à demander officiellement au gouvernement une réglementation nationale en faveur de l’interdiction. La seconde est plus locale, et engage la ville à user « par tous les moyens légaux pour ne plus accueillir de cirques avec animaux sauvages à Toulouse ».

Légalité des arrêtés en question

Aujourd’hui, la législation en France autorise la présence d’animaux sauvages par l’arrêté ministériel du 18 mars 2011. « Il définit les conditions de captivité. Les villes ne peuvent pas l’interdire. Mais un vœu, c’est une prise de position publique, et plus les grandes villes en prendront, plus cela permettra d’avancer vers une loi l’interdisant car pour l’instant le discours du gouvernement est ambigu sur cette question », plaide Amandine Sanvisens, la présidente de Paris Animaux Zoopolis.

Les maires ont aussi toujours la possibilité de prendre un arrêté municipal. Mais ils ne sont pas à l’abri que celui-ci soit attaqué. Comme ce fut le cas pour celui pris la commune varoise de Luc-en-Provence, annulé par le tribunal administratif le 5 janvier dernier.

Une bataille juridique que les professionnels du cirque ont aussi décidé de mener à Montpellier en attaquant la décision du conseil municipal qu’ils jugent illégale. Autant de paramètres qui pourraient freiner les élus dans leur vote.

Dans un courrier de réponse à Paris Animaux Zoopolis, l’adjointe au maire Marthe Mary a indiqué que « les cirques itinérants avec animaux autorisés à présenter leurs spectacles font l’objet préalablement d’un certain nombre de contrôles avant même leur implantation ». Et de préciser qu’un débat national sur la question était en cours.

Majorité divisée sur la question

Et c’est bien pour que la municipalité actuelle se positionne que les élus écologistes ont décidé de porter ce vœu.

Il devrait en tout cas recevoir le soutien d’un membre de la majorité. Le député Modem Jean-Luc Lagleize s'est positionné officiellement l'an dernier pour l'interdiction des animaux sauvages dans les cirques. Lors d’une question au ministre de l’Ecologie, il avait fait valoir qu’en « plus de l’emprisonnement à vie des animaux, ces derniers souffrent parfois des conditions violentes liées au dressage ».

Et de rappeler au passage la position de la Fédération des vétérinaires européens exprimée en 2015 dans laquelle elle recommandait « à toutes les autorités compétentes européennes et nationales d’interdire l’utilisation de mammifères sauvages dans les cirques itinérants dans toute l’Europe ».