Toulouse: Le plan de de la mairie pour tenter de réguler les perturbateurs endocriniens

SANTE Toulouse vient de s’engager à devenir une ville « sans perturbateurs endocriniens ». Un challenge compliqué qui commence par les cantines

H. Ménal et N. Heeb

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Dans une cantine de Toulouse. Illustration.
Dans une cantine de Toulouse. Illustration. — Fred.Scheiber
  • Toulouse vient de signer une charte l’engageant à devenir « un territoire sans perturbateurs endocriniens ».
  • La guerre a déjà commencé grâce au « zéro phyto » et à la suppression en avril des barquettes en plastique dans les cantines.
  • Le challenge va se poursuivre en faisant la chasse aux produits visés à tous les étages.

Fini les barquettes en plastique à la cantine. D’ici à la « fin du mois d’avril », les pitchouns verront leurs plats acheminés depuis la cuisine centrale dans des récipients en cellulose, une matière végétale recyclable. Le changement aurait dû être opéré ce mois-ci, mais Martine Susset, l’élue en charge du dossier à la mairie de Toulouse, invoque « un retard du fournisseur ».

Les fameuses barquettes en plastique, souvent chauffées, sont soupçonnées de libérer des perturbateurs endocriniens. Leur suppression tombe plutôt bien puisque la mairie vient de s’engager à faire la guerre au bisphénol A, paraben, phtalate, pesticides et autres composés auxquels une exposition accumulée finit par perturber le système hormonal, notamment des plus petits. La charte « Villes et Territoires sans perturbateurs endocriniens » a été signée vendredi avec le Réseau Environnement Santé (RES).

Produits de nettoyage passés au crible

Laurent Lesgourgues, conseiller municipal en charge de la promotion et de la prévention de la Santé, ne veut pourtant pas focaliser sur les barquettes. « Je rappelle que nous pratiquons le zéro phyto dans les espaces verts, dit-il. Le service des Sports s’est aussi emparé du sujet et a changé sa façon de débarrasser les terrains des herbes folles ». De même, alors qu’il est toujours légal de répandre du glyphosate dans deux cimetières de l’agglomération (Rapas et Cornebarrieu), les agents vont malgré tout changer leurs pratiques.

Pour éradiquer les perturbateurs endocriniens, l’élu est conscient que la tâche est énorme. « Elle nécessite une vraie dynamique transversale », souligne-t-il. Son idée est de désigner un référent par service et, dans un premier temps, « d’établir un état des lieux pour la fin de l’année ». « Nous allons par exemple vérifier les produits d’entretien utilisés dans les écoles et les remplacer s’ils ne conviennent pas », assure Laurent Lesgourgues.

En plus de la mobilisation de tous les services, l’autre levier envisagé est celui de « la commande publique ». Si la municipalité bannit progressivement de ses achats les produits contenant des perturbateurs endocriniens, c’est l’assurance qu’ils ne seront pas propagés.