Toulouse : Si vous jetez votre cigarette, c’est 68 euros, la mairie ne mégote plus

PROPRETÉ Un an après l’instauration de la brigade contre les incivilités, la mairie de Toulouse place plus particulièrement les mégots dans son viseur

Helene Menal

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Des mégots jetés dans la rue. Illustration.
Des mégots jetés dans la rue. Illustration. — Mastar - Sipa
  • Avec l’arrivée de la brigade contre les incivilités à Toulouse, le nombre de PV a doublé.
  • En ce moment ce sont les mégots qui sont dans le collimateur de la mairie.
  • Au-delà des amendes à 68 euros, 50.000 cendriers de poche vont être distribués chez les buralistes.

Ils sont 18, bientôt 25, à écumer les rues de Toulouse, en civil, attendant le moment où vous allez vous relâcher. Les agents assermentés de la brigade contre les incivilités (BCI) guettent les crottes de chien chaudement abandonnées, les sacs-poubelle laissés dans la rue - qu’ils n’hésitent pas à fouiller à l’occasion - et les mégots jetés négligemment. En général, ces incivilités coûtent une amende forfaitaire de 68 euros à leurs auteurs mais elle peut monter jusqu’à 450 euros devant le tribunal de police.

Et, un an après sa mise en place, la brigade, qui complète la police municipale dans le domaine précis de la propreté, a sacrément boosté les statistiques : « Toutes incivilités comprises, le nombre de PV dressés en 2018 est de 1677, il a doublé en un an et a été multiplié par dix en deux ans », annonce Emilion Esnault, le vice-président de Toulouse Métropole en charge de la Propreté.

Distribution de cendriers de poche chez les buralistes

Entre la brigade, les 26 nouvelles balayeuses et les 5 hydro-décapeuses bientôt livrées, l’élu estime avoir techniquement déployé le dispositif maximum pour rendre Toulouse plus propre. « Maintenant, la principale marge de manœuvre, elle est les mains des Toulousains », estime-t-il.

Cette année, la mairie a décidé de porter ses efforts sur un « fléau » bien particulier : les mégots de cigarette « qui finissent dans la Garonne, puis dans la mer et polluent chacun 500 à 1.000 litres d’eau ». Les agents de la brigade vont donc jeter un air suspicieux sur les fumeurs du centre-ville.

Le volet répressif est toutefois complété par une campagne humoristique de sensibilisation et des améliorations techniques. Le nombre de « corbeilles tulipes », avec l’indispensable éteignoir, va passer de 500 actuellement à 900 en 2020. Les entreprises vont être incitées à fixer des cendriers sur leur façade. Enfin, avant la fin mars, la Métropole va distribuer 50.000 cendriers de poche – souples et hermétiques aux odeurs – aux 150 buralistes de l’agglomération. Charge à eux de les distribuer à leurs clients préférés.