Toulouse: Pourquoi l'un des péages les plus chers de France a encore de beaux jours devant lui

TRANSPORTS Un étude de l'Etat douche l'espoir de voir disparaître le péage de l'Union, près de Toulouse, l'un des plus chers de France. Explications

Helene Menal

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Au péage de L'Union.
Au péage de L'Union. — B. Colin / 20 Minutes
  • 50 centimes pour parcourir 1,2 km, près de Toulouse, le péage de l’Union est un des plus chers de France.
  • Des maires réclament sa suppression depuis des années.
  • Une étude des services de l’Etat vient de conclure que cela aurait un effet de congestion.

Une fausse bonne idée ? Selon une étude menée par les services de l’Etat, la suppression du péage de l’Union, situé à l’entrée Est de Toulouse, comporterait bien plus d’inconvénients que d’avantages.

Pour l’emprunter puis rouler 1,2 km pour rejoindre la rocade toulousaine, les automobilistes doivent acquitter 50 centimes d’euros. Ce ratio en fait un des péages les plus chers de France, dont les élus demandent la suppression depuis des années. En particulier 15 maires voisins, emmenés par Marc Péré (divers gauche), celui de l’Union.

15 minutes de perdues sur l’autoroute

A l’automne 2018, les pourfendeurs du péage de l’Union étaient tout heureux d’avoir obtenu de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, la tenue d’une table ronde et le lancement d’une étude approfondie sur le sujet. Ils doivent être bien déçus du résultat.

Les grandes lignes du rapport rendues publiques vendredi par le préfet, Etienne Guyot, plaident toutes pour un maintien du péage. L’étude fait notamment apparaître « d’importants reports de trafic sur l’A68 [l’autoroute voisine reliant Toulouse à Albi] (…) et une augmentation des temps de parcours de l’ordre de 15 minutes pour les usagers de l’A68 ».

Par ailleurs, un trafic supplémentaire de rabattement « vers la bretelle devenue gratuite » aurait pour effet selon les services de l’Etat « une forte fréquentation des zones résidentielles de l’Union et de Saint-Jean entraînant une dégradation de la qualité de l’air et un accroissement de la nuisance sonore dans ces zones ». Enfin, la baisse de trafic sur les départementales (RD888 et RD112) qu’empruntent actuellement les conducteurs qui ne veulent pas payer serait si faible qu’elle n’entraînerait pas un gain de temps.

Du coup, le préfet va proposer à la ministre qu’ASF (Vinci Autoroutes) – heureux concessionnaire du péage jusqu’en 2036 – étudie « l’opportunité et la faisabilité de solutions intermodales alternatives ». Une aire de covoiturage ? Une nouvelle ligne de bus ? Le communiqué ne le dit pas.