VIDEO. Toulouse: Neuf siècles après, des peintures médiévales très rares sortent de l'ombre

PATRIMOINE Découvertes dans les années 1970, cinq peintures murales, l’équivalent de la « Joconde médiévale », viennent d’être restaurées à Toulouse

Béatrice Colin

— 

Les peintures murales de la basilique Saint-Sernin ont été restaurées afin de retrouver leurs couleurs d'origine.
Les peintures murales de la basilique Saint-Sernin ont été restaurées afin de retrouver leurs couleurs d'origine. — B. Colin / 20 Minutes
  • Durant plus de quatre mois, cinq peintures murales de la basilique Saint-Sernin datant du XIIe siècle ont été restaurées.
  • Ce chantier a permis de dévoiler des pans de la peinture qui avaient disparu lors d’une précédente restauration.

Il aura fallu plus de quatre mois d’un travail de fourmi pour redonner leurs couleurs d’antan aux peintures murales de la basilique Saint-Sernin. Petits bijoux du XIIe siècle, ces cinq fresques seront dévoilées au grand public la semaine prochaine, une fois les échafaudages retirés.

Une fois dans le bras nord du transept de la basilique, les visiteurs pourront lever les yeux et découvrir cinq fresques dont il n’existe que très peu d’équivalents en France. « Quatre ou cinq peintures », assure Jean-Louis Rebière, architecte en chef des Monuments historiques en Haute-Garonne pour qui celui qui a réalisé ces œuvres était « un très grand peintre ».

Lorsqu’elles ont été découvertes au début des années 1970, un médiéviste a expliqué que c’était un peu comme s’ils étaient tombés sur « la Joconde du Moyen-Âge ».

L'une des peintures murales de la basilique Saint-Sernin.
L'une des peintures murales de la basilique Saint-Sernin. - B. Colin / 20 Minutes

Mais la restauration menée à l’époque a été faite à grands coups d’enduits, de peur de voir disparaître les couleurs du XIIe siècle. « Notre travail a consisté à alléger la restauration qui avait été réalisée précédemment, à redécouvrir des choses sous les couches de badigeons », indique Alain Lacoste de l’Atelier 32.

Son équipe n’a pas non plus tenté de réinventer la peinture, mais a préféré laisser des blancs là où les pigments originaux avaient complètement disparu, comme la couleur bleue qui est à peine perceptible.

Candidature à l’Unesco

Ce chantier a coûté 80.000 euros, financé à 60 % par la ville de Toulouse et 40 % par l’Etat.

Classée au patrimoine mondial de l’Humanité depuis 20 ans au titre des « Chemins de Saint-Jacques de Compostelle », la Basilique Saint-Sernin est un des édifices au cœur de la candidature toulousaine au titre de patrimoine mondial de l'Unesco.

Cette année, elle va faire l’objet d’une grande opération de restauration, notamment de sa façade nord, ainsi qu’un chantier concernant l’assainissement des cryptes. D’ici le mois d'octobre, l’enfeu, qui accueille le tombeau des Comtes de Toulouse dans la partie sud du transept, sera aussi rénové. Et à l’extérieur, les travaux d’embellissement se poursuivent aussi.