Toulouse: La jeune Maureen a été sauvagement assassinée, un collègue de travail dans le box des accusés

JUSTICE Le procès du meurtrier présumé de Maureen Jacquier, 19 ans, s'ouvre ce jeudi à Toulouse. La mécanicienne d'Airbus a éte retrouvée dans sa chambre il y a quatre ans, victime de 63 coups de couteau...

Helene Menal

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 La police scientifique devant l'immeuble où Maureen Jacquier a été assassinée. Archives
La police scientifique devant l'immeuble où Maureen Jacquier a été assassinée. Archives — Hélène Ménal / 20 Minutes
  • Maureen Jacquier, 19 ans, a été retrouvée sauvagement assassinée il y a quatre ans dans son appartement de Toulouse.
  • Le procès de son meurtrier présumé commence ce jeudi devant la Cour d’assises.
  • Il s’agit d’un collègue de travail de la jeune mécanicienne d’Airbus.
  • Il a toujours farouchement nié.

Tout réussissait à cette fille joyeuse et décidée. A 19 ans à peine, Maureen Jacquier avait de nombreux amis, un travail qu’elle adorait. Après être passée par le lycée Airbus, la voie royale, elle était mécanicienne sur une chaîne d’assemblage de l’avionneur à Colomiers. Une vie a priori sans nuage stoppée net le 27 février 2015.

Ce jour-là, ses parents et sa sœur, venus de Lyon pour passer le week-end avec elle, s’inquiètent de son absence. Dans la soirée, ils finissent par passer par le jardinet pour pénétrer dans son petit appartement en rez-de-chaussée. Et ils tombent sur une scène effroyable. Maureen gît près de son lit dans une mare de sang. L’autopsie révélera 63 coups de couteau - dont deux mortels à la carotide et au thorax - et des blessures de défense.

Traces d’ADN

La sauvagerie du crime, et l’absence de vol ou de désordre dans l’appartement, poussent les enquêteurs du SRPJ à se concentrer sur son entourage. Ils relèvent l’ADN de 130 connaissances, collègues et amis.

Quatre mois après, une concordance est établie entre des traces d’ADN retrouvées mélangées au sang de Maureen sur une serviette de toilette mouillée de la salle de bains et dans un coin de couette, ainsi que sur une lampe torche découverte sur place.

C’est celui de Sylvain Boulais, 25 ans à l’époque, qui travaillait au poste 35 avec Maureen. Un jeune homme sans antécédents et sans histoirse. Il indique qu’il a passé la nuit supposée du meurtre en discothèque et qu’il s’est endormi dans sa voiture.

Le mobile au centre des débats

Il sera ce jeudi dans le box des accusés de la Cour d’assises de la Haute-Garonne pour répondre du meurtre sauvage de Maureen Jacquier. Un crime qu’il nie farouchement depuis sa cellule.

« Son profil ne correspond pas et il n’a de cesse de tenter de prouver son innocence, soulignent son avocate Marie-Hélène Pibouleau. L’enquête a été tellement bien faite qu’on ne sait même à quelle heure le crime a eu lieu. Nous pensons que c’est le matin du 27 février et, de toute façon, dans les deux cas, il a un alibi ». La défense veut surtout qu’on lui donne « un mobile ».

George Catala, le défenseur d’une famille « encore traumatisée et au désespoir », loue au contraire le dossier d’enquête. « On y trouve toute une série d’éléments qui prouvent sa culpabilité. Les trois traces d’ADN découvertes l’ont été à des endroits très compromettants », dit-il.

Une aventure amoureuse durant l’été 2014

Il est établi que l’accusé et Maureen ont eu une aventure sans lendemain au cours de l’été 2014 mais ils étaient chacun en couple de leur côté en février 2015. Sylvain Boulais dit aussi avoir rendu une visite amicale à la victime en décembre, deux mois avant sa mort, ce qui pourrait expliquer l’ADN. Georges Catala n’y croit pas. « Il connaissait les lieux, il en pinçait pour Maureen. Je pense qu’il s’est fait rabrouer et que cela a déclenché chez lui un comportement qu’il ne soupçonnait pas lui-même », avance-t-il.

Les zones d’ombre des uns et les certitudes des autres seront débattues jusqu’au 25 janvier.