VIDEO. Toulouse: «Cet immeuble était dégueulasse», les sinistrés de la rue Bayard , dont la vie est «partie en fumée», sont désemparés

SOCIÉTÉ Les locataires sinistrés de la rue Bayard, encore accueillis dans un gymnase, demandent des solutions pérennes de relogement. Les langues se délient sur l’état de l’immeuble avant l’incendie…

Helene Menal

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L'immeuble d'angle est situé juste en face de la gare Matabiau.
L'immeuble d'angle est situé juste en face de la gare Matabiau. — H. Menal - 20 Minutes
  • Blattes, système électrique défaillant, les sinistrés de l’incendie de la rue Bayard témoignent d’un immeuble dégradé.
  • Ils ont créé un collectif et demandent un relogement rapide.
  • Les dons sont les bienvenus.
Une des banderoles déployées le 14 janvier 2018 par les sinistrés de l'incendie de la rue Bayard, à Toulouse.

« C’était vraiment un super endroit… en particulier pour les blattes ». « Je ne pouvais pas faire un café et une machine en même temps sans que les plombs sautent »… Cinq jours après le terrible incendie qui dévasté le 73, rue Bayard à Toulouse, les sinistrés se montrent diserts sur l’état dégradé de leurs anciens appartements. Ils ont d’ailleurs déployé une banderole ce lundi sur la place du Capitole pour demander ironiquement « qui va reloger les blattes ». La mairie a par ailleurs indiqué avoir reçu « plusieurs signalements d’hygiène ».

« Maintenant, il faut dire la vérité. Ça fait ans au moins que cet immeuble est dégueulasse et qu’il y a des signalements, expose calmement Stéphane, facteur de profession. J’ai cinquante ans, ma vie est partie en fumée et je veux connaître le coupable ! »

Lise, une étudiante qui a quitté l’immeuble la fameuse nuit cinq minutes avant que son escalier ne s’effondre, est plus modérée. « J’avais des punaises de lit mais concernant mon appartement on ne peut pas parler d’insalubrité », dit-elle. Sa propriétaire à elle, suit le dossier de près et l’aide. Ses voisins ont affaire à une autre personne, qui possédait une cinquantaine d’appartements et se montre disons moins réactive. En tout état de cause, personne n’a de nouvelles du syndic…

Appel aux dons

Mais les sinistrés se serrent les coudes. Un collectif des sinistrés du 73 (et 73bis) rue Bayard vient de voir le jour avec l’aide du Droit au Logement (DAL), et Jérémy, qui habitait au troisième, a créé une page Facebook. Ce dernier précise que les dons sont les bienvenus : « vêtements, produits d’hygiène, couvertures, on a besoin de tout ».

La priorité des sinistrés est de récupérer leurs affaires. S’il en reste. Surtout aussi, de trouver une solution de logement pérenne. Depuis quatre nuits, ceux qui n’ont pas trouvé d’hébergement chez des proches ou fourni par leur assurance, dorment au gymnase Toulouse-Lautrec. « Sur des lits de camp et sans eau chaude ». Ils sont encore 42, dont une dizaine d’enfants, à y avoir passé la nuit de samedi à dimanche.

Une plainte en germe

Une délégation des habitants a été reçue en début de soirée au Capitole. « Il s’agit de victimes et, bien entendu, nous les hébergerons tant qu’ils en auront besoin », a précisé Daniel Rougé, l’adjoint aux Affaires sociales, à l’issue de cette réunion. Il a aussi rappelé que « le relogement incombe aux propriétaires qui doivent prendre leurs responsabilités ». La mairie s’engage à améliorer le confort du gymnase et à fournir aux évacués « des titres de transport, des vêtements et des produits de première nécessité».

L’incendie, survenu dans la nuit du 9 au 10 janvier, a fait 20 blessés dont un grave. L’enquête, menée par la brigade répression des atteintes aux biens, se poursuit dans la discrétion. Les sinistrés n’excluent pas de porter plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui ».