VIDEO.Toulouse: Téléphone, repas ou parlotte... des commerçants tendent la main aux sans-abris

SOLIDARITÉ Des carillonneurs des temps modernes ont fait leur apparition à Saint-Cyprien. Ces commerçants rendent des services simples, mais indispensables, aux personnes à la rue...

Helene Menal

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Coups de fil, premiers soins ou verre d'eau, chaque commerçant  carillonneur affiche en vitrine le service simple qu'il peut rendre.
Coups de fil, premiers soins ou verre d'eau, chaque commerçant carillonneur affiche en vitrine le service simple qu'il peut rendre. — H. Menal - 20 Minutes
  • Un nouveau de solidarité avec les personnes à la rue vient de se créer dans le quartier Saint-Cyprien.
  • Grâce à l’association La Cloche, les commerçants rendent de menus services, allant de la causette à la recharge d’un téléphone.
  • Les habitants peuvent participer en faisant don d’un café, d’un en-cas ou d’une coupe de cheveux.

« Il faut rendre service tant qu’on le peut, par les temps qui courent la précarité peut surgir à tout moment ». Bruno est cordonnier sur l’avenue Etienne-Billière, dans le quartier Saint-Cyprien, à Toulouse. Depuis quelques semaines, il donne des verres d’eau aux personnes à la rue, recharge des téléphones, et tape la causette. « Ça ne coûte rien ».

Non loin de là, sur la place du Ravelin, Stéphanie, la tatoueuse, fait des photocopies et ressuscite elle aussi des téléphones en rade. « Il y a pas mal de gens qui traînent, alors oui, il m’arrive de rendre service », dit-elle. Bruno, Stéphanie, ou Abdel, le patron du kebab de la rue de la République, sont devenus des « carillonneurs ». Comme le montrent les sigles sur leur porte, ils ont rejoint le réseau de solidarité de La Cloche, inspiré de celui créé par des commerçants parisiens du Moyen-Âge.

Toilettes, premiers soins, coups de fil, les carillonneurs répondent à des besoins simples, avec bienveillance. « Une vingtaine de commerçants du quartier Saint-Cyprien nous ont rejoints. La plupart veulent aider depuis longtemps mais n’en ont pas le temps, explique Aude Couturier de la directrice de La Cloche en Occitanie. Nous complétons, tôt le matin ou tard le soir, le réseau d’aide existant parce que rien ne remplace le lien social ».

La Niortaise, nouvellement installée à Toulouse, est persuadée que « le simple fait de pousser la porte d’une boutique est déjà un acte d’insertion » et que « le changement de regards réciproque » est essentiel.

Offrir un café ou une coupe de cheveux

L’opération Carillon n’est pas réservée aux professionnels. Sur le modèle de la « baguette suspendue », les habitants du quartier peuvent payer à l’avance un kebab chez Abdel, une coupe de cheveux chez la Grande Brune ou un café au Dispensary. Les dons sont ensuite transmis aux sans-abri.

L’objectif de l’association est de « couvrir tout Toulouse ». En février, de nouveaux carillonneurs vont apparaître discrètement dans le secteur de la gare Matabiau et de Saint-Aubin.