Toulouse: La mort par overdose cachait en fait un crime sordide

ENQUÊTE Quatre jeunes viennent d’être écroués à Toulouse. Ils sont soupçonnés d’avoir provoqué la mort d’un trentenaire découvert il y a deux mois dans sa voiture. La piste de l’overdose a laissé la place à une autre, criminelle et sordide…

Helene Menal

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Les enquêteurs de la sûreté départementale de Haute-Garonne ont mis deux mois  à dérouler la pelote de cette sordide affaire.
Les enquêteurs de la sûreté départementale de Haute-Garonne ont mis deux mois à dérouler la pelote de cette sordide affaire. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES
  • Quatre personnes ont été écrouées à Toulouse pour la mort d’un trentenaire retrouvé mort dans sa voiture il y a deux mois.
  • Il n’est pas mort d’une overdose comme envisagé au départ.
  • Il a été enlevé et séquestré pour une dette liée aux stupéfiants.

Une overdose. C’est l’hypothèse qui a prévalu pendant quelques heures le 19 septembre 2018 quand les policiers de Toulouse, alertés par un riverain, ont trouvé un homme mort dans sa voiture garée dans le quartier de Sauzelong. Le moteur de la Mini tournait toujours et son propriétaire était allongé sur la banquette arrière.

Cet homme de 35 ans, connu des services de police pour des affaires de stupéfiants et interdit de séjour en Haute-Garonne, vivait depuis peu à Juan-les-Pins, dans les Alpes-Maritimes. L’autopsie a rapidement écarté la piste de l’overdose. Le Columérin, qui avait aussi quelques ecchymoses, est mort des suites d’une lente asphyxie.

Des amis inquiets

Trois jours après le début des investigations, l’affaire prend encore une autre tournure quand deux hommes se présentent dans un commissariat de Cannes. Les deux amis de la victime sont inquiets. Ils l’avaient suivi à Toulouse, dans une autre voiture, pour un soi-disant achat de véhicule. Ils racontent qu’une fois arrivés devant l’immeuble du rendez-vous, ils ont été braqués par plusieurs individus puis se sont enfuis en laissant leur ami derrière eux.

Les enquêteurs soupçonnent une affaire de drogue. En partie grâce à la description de l’immeuble du rendez-vous, ils s’intéressent à deux jeunes frères d’origine guyanaise soupçonnés d’être mêlés à des convoyages de « mules » et à des agressions à main armée.

La sûreté départementale peaufine ses hypothèses, exploite la téléphonie et les indices, et le 8 novembre dernier, elle déclenche les opérations. Six personnes sont interpellées en l’espace d’une semaine par la brigade criminelle de répression des atteintes aux personnes (BCRAP) et celle des stups. Un des frères guyanais est arrêté à Matabiau, un de ses complices à Reims.

Ils le ligotent et partent en boîte

Le scénario est en fait celui d’une séquestration. La victime venait acheter de la drogue au réseau, alors qu’elle lui devait déjà plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une autre livraison. Le trentenaire a été séquestré, ligoté et bâillonné par ses ravisseurs. Les versions livrées par les suspects divergent, mais il est probablement mort par manque d’air, alors que les trafiquants l’avaient laissé seul pour aller faire la fête en boîte de nuit.

En tout, quatre personnes, parmi lesquelles les deux frères de 19 et 21 ans, ont été écrouées dans cette affaire, la dernière ce samedi. En attendant la suite des investigations, elles sont mises en examen pour « séquestration arbitraire suivie de mort sans intention de la donner ».