Toulouse: A quoi va ressembler la nouvelle stratégie anti-fraude dans les TER?

FRAUDE Début décembre, la SNCF changera sa stratégie de contrôle dans certains TER à destination de Toulouse. Les contrôleurs ne seront plus systématiquement dans le wagon…

Helene Menal

— 

Un agent de la sûreté ferroviaire en appui d'une opération de contrôle en gare Matabiau, à Toulouse.
Un agent de la sûreté ferroviaire en appui d'une opération de contrôle en gare Matabiau, à Toulouse. — H. Menal - 20 Minutes
  • Selon la SNCF, la fraude dans les TER d’Occitanie coûte 8 millions d’euros par an.
  • Elle met entre place une nouvelle stratégie autour de Toulouse.
  • Les contrôleurs vont intégrer à des équipes mobiles qui frapperont de façon inopinée.

La bonne nouvelle pour les usagers resquilleurs, c’est que, bientôt, les contrôleurs ne seront plus en permanence dans les TER qui circuleront entre Toulouse et Montauban ou Toulouse et Auterive. La mauvaise, c’est qu’ils seront plus nombreux et imprévisibles au moment de sévir. La SNCF Occitanie vient de dévoiler la réorganisation de sa stratégie anti-fraude autour de Toulouse qui sera opérationnelle à partir du 9 décembre 2018.

A cette date et sur les tronçons visés, ce sont des Equipes Mobiles de Ligne (EML) qui interviendront. Jusqu’à 9 agents (contrôleurs et agents de la sûreté ferroviaire) en même temps se posteront tout à coup dans l’encadrement des portes à la montée dans le train. D’autres fois, ils se mettront en ligne sur le quai à l’arrivée et contrôleront systématiquement tous les voyageurs.

Entre 50 et 180 euros l’amende

« Nous avons choisi des lignes où il y a beaucoup de monde aux heures de pointe et où un contrôleur seul ne peut pas faire le travail », indique Emmanuelle Arnaud, la directrice marketing TER Occitanie. Des lignes aussi où, petits trajets aidant, la fraude est plus importante qu’ailleurs : 22 % entre Toulouse et Montauban, 16 % entre Toulouse et Auterive, contre 11 % en moyenne sur le TER en Occitanie, selon la direction. La SNCF estime à 8 millions d’euros le manque à gagner annuel dans la région.

Un voyageurs contrôlé sans billet doit débourser 50 euros si il paie tout de suite, 100 euros dans les deux mois, et jusqu’à 180 euros ensuite.

La CGT sceptique

Cette réorganisation annoncée a le don de faire bondir la CGT Cheminots qui ne voit pas trop comment le fait de ne plus avoir un contrôleur tout au long du parcours peut permettre de lutter contre la fraude. « Demain, les Equipes Mobiles de Ligne seront déployées sur certains trains, à de rares heures de la journée », résume le syndicat. Il préfère parler de « redéploiement », affirmant que sur les deux lignes concernées (Toulouse/Latour-de-Carol et Toulouse/Brive), « la SNCF en profite pour supprimer 13 contrôleurs ».