Toulouse: La transition énergétique? Des collectifs citoyens branchés s'en occupent eux-mêmes

ENVIRONNEMENT A Toulouse, deux collectifs citoyens produisent et revendent de l’électricité verte. Ils veulent peser sans attendre dans la transition énergétique…

Helene Menal

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Des panneaux solaires installés sur un toit.
Des panneaux solaires installés sur un toit. — PixaBay
  • De simples citoyens se prennent en main pour opérer la transition énergétique.
  • Près de Toulouse deux coopératives installent et exploitent des panneaux solaires sur les bâtiments publics.
  • Et leurs sociétaires idéalistes ne cherchent pas forcément à gagner de l’argent.

L’an dernier pour Noël, Christian, un retraité de Labège, près de Toulouse, a renoncé aux consoles de jeux. Pour sa fille et sa petite-fille, il a déposé au pied du sapin des parts sociales de la coopérative à laquelle il consacre son temps libre avec ses 160 associés. Ils sont retraités idéalistes ou jeunes actifs engagés, et ont décidé de produire, puis de revendre de l’électricité verte.

Il y a deux de ces coopératives citoyennes autour de la Ville rose qui font de la transition énergétique une réalité. « Notre vocation, c’est de la promouvoir en installant des moyens de production d’énergie renouvelable sur le territoire et on a commencé par le photovoltaïque sur les bâtiments publics », explique Jean-Paul Gardette, le président de l’ICEA*, qui « rayonne » sur les communes du Sicoval, au sud-est de Toulouse.

Une personne, une voix

Sur des toits de crèche, d’école ou de MJC, elle a déjà monté sept installations et investi 300.000 euros. Sa production de 190.000 kWh par an correspond à sept tonnes de CO2 non émises. Citoy'enR, une coopérative cousine et amie, en est à six installations dans l’agglomération toulousaine.

L’argent vient des sociétaires. « La part sociale est à 50 euros et chaque détenteur, peu importe son nombre de parts, a une voix dans nos assemblées », précise le militant. La Région Occitanie et l’Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) les aide financièrement. Ils ont aussi un emprunt sur le dos. Leur électricité est revendue à EDF et leurs installations seront d’après leurs calculs rentables d’ici quelques années.

Bénéfices réinvestis

Théoriquement, si des bénéfices sont dégagés un jour, chaque « éco-épargnant » pourra avoir droit à une rémunération de 2,8 % par part. « Mais ce n’est pas vraiment le but. L’important c’est d’être un bon citoyen et de réinvestir dans d’autres projets », assure Christian qui reconnaît aussi qu’il n’a pas la plus grosse fibre écolo de la bande.

Selon l’association EclR, qui fédère les projets citoyens de ce type, 18 sites alternatifs produisent de l’électricité propre en Occitanie. Ils génèrent à eux tous l’équivalent de la consommation électrique de 3.500 foyers. C’est peu à l’échelle d’une région mais c’est un début.

*Initiative citoyenne pour une énergie alternative