Toulouse : Un « hameau de tentes » officiel pour les sans-abri d’âge mûr

SOCIÉTÉ Un « hameau de tentes » va être dressé dans l’ouest de la ville pour accueillir les SDF d’âge mûr à la rue depuis longtemps. La mairie a donné son feu vert à cette expérimentation «innovante» …

Helene Menal

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Un SDF dans une rue du centre-ville de Toulouse. Illustration.
Un SDF dans une rue du centre-ville de Toulouse. Illustration. — Fred.Scheiber
  • Un hameau de tentes subventionné par la mairie va bientôt accueillir des SDF dans l’Ouest toulousain.
  • L’idée est de proposer une solution de transition à des sans-abri vieillissants et vulnérables.
  • Au moins 250 personnes dorment à la rue chaque nuit à Toulouse.

Des tentes, « rigides et solides », mais aussi des douches, des WC et des pièces à vivre dans des préfabriqués. Ce « Hameau toulousain », qui va faire son apparition d’ici à la fin de l’année au bout de la route de Bayonne, à la frontière entre Toulouse et Colomiers, sera destiné à abriter entre 8 et 10 sans domicile fixe.

Il ne s’agit pas d’un énième squat. Au contraire, c’est la mairie qui fournit le terrain et subventionne ce qu’elle appelle « une expérimentation d’accueil innovant ».

Le Hameau Toulousain doit être installé au 417, route de Bayonne.
Le Hameau Toulousain doit être installé au 417, route de Bayonne. - Map4News

L’idée vient du Groupe Amitié Fraternité (GAF), une structure toulousaine qui a une longue expérience auprès des sans-abri. Il s’agit d’offrir un domicile « transitoire » à des personnes « isolées, vieillissantes et vulnérables ayant un long parcours d’exclusion ». Des routards « qui ont acquis leurs repères dans une forme d’habitat précaire » et seraient probablement déstabilisés s’ils avaient un toit en dur sur la tête. « Plus on passe de temps à la rue, plus le temps de réinsertion sociale est long », souligne Daniel Rougé, l’adjoint aux Affaires sociales.

Plus de 250 personnes refusés au 115 toutes les nuits

Sur place, un encadrant du GAF veillera en permanence à la sécurisation physique et psychologique des habitants du Hameau. Certains d’entre eux seront probablement issus des démantèlements récents des campements ou squats du Canal latéral.

Mais cette initiative restera une goutte d’eau dans l’océan de la misère toulousaine. Selon la CGT, le 115, numéro d’urgence de la veille sociale, n’est en mesure de répondre qu’à 10 % des appels reçus. Tous les jours, « 190 personnes en couple ou en famille et 65 personnes isolées » sont laissées à la rue faute de places d’hébergement à proposer. Et l’hiver va bien finir par arriver.