Toulouse: Dans un contexte tendu, ils «osent» aller à la rencontre des autres religions

MARCHE Pour la deuxième année, un collectif «inter-convictionnel» organisait ce dimanche une marche dans Toulouse pour faire avancer la paix et le dialogue entre toutes les religions…

Beatrice Colin

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Une marche interconfessionnelle a lieu ce 14 octobre à Toulouse autour de la fraternité.
Une marche interconfessionnelle a lieu ce 14 octobre à Toulouse autour de la fraternité. — Diego Cervo /Mood board/ Rex features
  • Le collectif «Pour construire la paix, osons la rencontre» organisait ce dimanche sa deuxième marche inter-convictionnelle.
  • Quelques semaines après le prêche polémique de l’imam d’Empalot et de nombreuses tensions, ses membres essaient de faire avance le dialogue interreligieux.

«Pour construire la paix, osons la rencontre». C’est le leitmotiv de la marche organisée ce dimanche à Toulouse par un collectif d’associations, aussi bien religieuses que laïques. Après une première édition l'an passé à Colomiers, ses membres ont décidé de poursuivre ce mouvement.

Partis de la place Abbal ce matin, les marcheurs doivent sillonner la ville à travers différents lieux de culte. Parmi les personnes présentes, on trouve des scouts musulmans de France, des bouddhistes ou encore des membres du Secours catholique.

« Nous travaillons sur la question de la fraternité. Pour construire la paix, il faut oser la rencontre pour comprendre les autres. Tous les musulmans ne sont pas des terroristes, tous les chrétiens ne sont pas des intégristes. Il y a des difficultés, il ne faut pas les nier, mais ce n’est pas en se divisant qu’on trouve la solution », explique Michel Rouffet, de l’association Compostelle-Cordoue.

Des symboles et des prises de position

« Nous avons besoin de donner des signaux, nous sommes frères au-delà de la religion », insiste Mustafa El Baraka, vice-président de l’association gestionnaire de la mosquée As-Salam, qui a accueilli les marcheurs.

Des symboles d’autant plus importants que ces dernières semaines des tensions ont rejailli après la polémique sur le prêche de l’imam de la mosquée d’Empalot, accusé de paroles antisémites.

« Nos rabbins espèrent une prise de position claire des imams »

Si l’an dernier, la marche avait été marquée par des échanges fraternels entre rabbins et imams, cette année, les représentants du culte judaïque n’ont pas fait le déplacement. Même si, parmi les marcheurs, des membres de la communauté juive ont répondu présents.

« Bien sûr, nous devons continuer à échanger. Mais si, cette année, c’est moi, une laïque qui dit quelques mots, c’est parce que nos rabbins espèrent une prise de position claire des imams. Nos guides spirituels attendent que les autres guides spirituels s’engagent à ne pas utiliser des arguments comme cet Hadith de l’arbre et du rocher », insiste Nicole Yardeni du Conseil représentatif des institutions juives qui doit prendre la parole devant le mémorial des Justes.