VIDEO. «Westworld», «Les Experts»… Les séries télé nous mentent-elles? Des scientifiques démêlent le vrai du faux

INSOLITE Avec des robots susceptibles, des médecins autistes ou des experts équipés comme l’Inspecteur Gadget, les séries télé sont-elles trop tirées par les cheveux ? Samedi à Toulouse, des scientifiques répondront à cette question…

Helene Menal

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«Les Experts», la série à l'origine de toutes les séries d'experts (logique)
«Les Experts», la série à l'origine de toutes les séries d'experts (logique) — CBS ENTERTAINMENT
  • Samedi à Toulouse, des scientifiques vont décrypter les séries télé et dire si elles sont réalistes.
  • Petit spoiler avec l’avis des spécialistes sur « Les Experts » et «Good Doctor ».

Faut-il s’inquiéter de cohabiter un jour avec des robots humanoïdes doués de sentiments (enfin surtout de ressentiments) comme dans Westworld ou Real Humans ? Et l’Amérique de Trump peut-elle un jour dériver dans une dictature puritaine et sexiste façon La Servante Ecarlate ? Bref, est-ce que les séries télé en font des louches ou bien est-ce qu’elles décrivent parfois un futur possible ?

Ces questions, de vrais scientifiques vont y répondre samedi à Toulouse, lors d’une soirée originale organisée dans le cadre de la Fête de la Science et intitulée « Les séries TV dans l’œil des experts ».

Des Experts pas assez spécialisés

Patrick Rouger, l’ancien directeur de la police technique et scientifique du SRPJ de Toulouse, fera partie de ces décodeurs. Evidemment, il disséquera les séries policières. Et, sans tout spoiler, il ne va pas accabler l’équipe du pionnier Grissom. « Au niveau des techniques utilisées, il n’y a pas de grandes différences, la série est plutôt réaliste », concède-t-il.

Par contre sur les délais, l’ex-policier tique. « Pour un profil ADN même urgent, il faut compter au mieux 24h », et pas 30 secondes, « pour les empreintes papillaires, on y arrive en 1h30, du prélèvement à l’identification si l’individu est fiché ». En plus d’être trop rapides, Les  Experts sont aussi pour ce spécialiste trop « multicarte ».

« La police technique et scientifique n’a pas d’arme, même s’il nous arrive de porter des gilets pare-balles pendant les prélèvements sur le terrain », explique Patrick Rouger. Elle n’interroge pas les témoins non plus. « D’ailleurs, maintenant, il s’agit la plupart du temps de scientifiques assermentés qui ne sont pas policiers. » Enfin, Les Experts sont doués, on le sait, mais anormalement peu nombreux. « On n’arrive jamais à trois sur une scène de crime, plutôt à plusieurs dizaines », affirme le Toulousain.

D’autres Shaun Murphy ?

Autre série phénomène décryptée, autre expert. Depuis la première diffusion de Good Doctor, Mélina Dell’Armi, docteure en psychopathologie spécialisée dans l’autisme, n’entend parler que de Shaun Murphy. Et elle s’en réjouit. « Il était temps qu’on sorte des représentations à la Rain Man, car il y a autant de forme d’autisme que de personnes concernées, dit-elle. Certains présentent des compétences intellectuelles élevées, d’autres non ».

Pour Mélina Dell’Armi, le côté mémoire visuelle hyperdéveloppée de Shaun Murphy, son « syndrome savant », fait partie des aspects vraisemblables de la série. « Il y a énormément d’adultes qui ignorent qu’ils présentent un autisme. Ils ont un modèle de fonctionnement différent mais cela ne les empêche de faire carrière chez Airbus ou ailleurs. »