Toulouse: Un vent de révolte souffle chez les «sans-fac»

SOCIETE Des étudiants sont privés de rentrée faute d’inscription. A Toulouse, les « sans-fac » commencent à se signaler…

Hélène Ménal

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Dans un amphi de l'Université Jean-Jaurès sur le campus du Mirail.
Dans un amphi de l'Université Jean-Jaurès sur le campus du Mirail. — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES
  • Les premiers étudiants « sans-fac » commencent à se signaler à Toulouse.
  • Un syndicat étudiant en recense au moins 120, sur le campus de sciences humaines.
  • La filière scientifique n’est pas épargnée.

Elodie* a en poche une licence (L3) universitaire en sciences de la Terre, donc plutôt tendance, et compte bien poursuivre ses études. Mais depuis un mois, cette étudiante de l’université Paul-Sabatier de Toulouse, se contente de regarder les autres aller à la fac en rongeant son frein. Elle a été refusée dans les trois masters qu’elle avait demandés. Puis, volontaire, elle a suivi la procédure en s’inscrivant sur le site trouvermonmaster.gouv.fr. Mais, pas de nouvelle.

« Tout le monde parle de Parcoursup mais pas de ce problème d’accès en master, déplore Elodie. Je connais plusieurs étudiants dans mon cas, certains ont déjà commencé à chercher du travail. » Elle est prête à bouger, mais plus les jours passent, plus elle se dit qu’elle aura trop de cours à rattraper.

« Le Pôle emploi de l’enseignement supérieur »

Autre campus, même problème. A l’université Jean-Jaurès du Mirail, où la rentrée est prévue pour lundi 8 octobre, l’Union des étudiants de Toulouse affirme avoir recensé au moins « 120 étudiants bloqués aux portes de l’université ». « Il y a parmi eux de naufragés de Parcoursup, des étudiants qui ne trouvent pas de master et des demandeurs d’asile qui doivent absolument avoir une inscription pour renouveler leur titre de séjour », détaille Guilhem Arnould de l’UET.

Il estime avec ses camarades que « l’instauration de la sélection à l’université et le manque global de moyens sont à l’origine de cette inadéquation entre la demande et les places disponibles ». Concernant la plateforme pour trouver un master, ils la qualifient de « véritable Pôle emploi de l’enseignement supérieur (…) ne répondant pas aux critères de spécialisation des étudiants ». A moins de vouloir devenir un as de la musicologie… ou de la liquidation d’entreprises.

La présidence (intérimaire) de l’université Jean-Jaurès se montre sceptique sur les chiffres avancés par l’UET. Elle rappelle qu’elle a mis en place « un processus d’inscription hors délai jusqu’au 23 octobre » et juge donc prématuré de faire « un point de rentrée ».

* Le prénom a été changé