Islam Abad, ambiance Festival

Anne-Marie Celse - ©2008 20 minutes

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Il ramène sa bobine aujourd'hui à Cannes pour représenter Toulouse et sa région. A 25 ans, Islam Abad a été choisi avec soixante autres jeunes pour participer au festival dans le cadre du Prix de la jeunesse, parrainé par Luc Besson. L'artiste, Islam Chikhr de son vrai nom, est un homme-orchestre : rappeur, slameur, mais aussi écrivain, chanteur et titulaire d'un Deug de cinéma. « Je pratique toujours le même art, je parle juste des langues différentes. Je retranscris la folie de ce monde avec amusement », explique-t-il avec une gouaille communicative. Prompt à philosopher, le jeune homme cultive avec humour son côté obscur. Il s'inspire aussi bien de Boris Vian que de Charles Aznavour. Chaque événement de sa vie est prétexte à un texte, une rime ou un tournage. Selon son ami Cédric, « il est un créateur complet qui casse toutes les barrières, artistiques et sociales. » Pour arriver à Cannes, ce passionné de cinéma a écrit une nouvelle, 2 secondes, mêlant émotion et cinéma. « Islam est réaliste, sombre, profond et sincère. Ce qui lui arrive est à la hauteur de son talent, qui mérite d'être connu nationalement », confie Alia, une proche. Pour Islam, aller à Cannes assister à des ateliers et à des projections « représente une ambition professionnelle. Ça signifie peut-être que je suis un vrai artiste. » Il mise tout sur « le travail, le talent, l'exécution et l'élocution », et pense déjà à l'après. « Mon premier album est en préparation, c'est une nouvelle forme de terrorisme artistique ! ».