Occitanie: Des familles proposent un «hébergement solidaire» aux migrants mineurs

SOCIETE Médecins Sans Frontières lance dans la région de Toulouse une opération « hébergement solidaire » pour les migrants mineurs livrés à eux-mêmes et recherche des familles d’accueil…

20 Minutes avec AFP

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Les bagages d'un migrant. Illustration.
Les bagages d'un migrant. Illustration. — F. Marquez - AP - Sipa

Ils sont jeunes, 16-17 ans pour la plupart, traumatisés par un long voyage, invisibles aux yeux de l’administration française et par conséquent livrés à eux-mêmes. Sur les 25.000 migrants mineurs arrivés en France en 2017, 14.900 ont été pris en charge par l’Aide sociale à l'enfance (ASE). Les 10.000 autres, déboutés de leur demande de reconnaissance de minorité, ont disparu dans la nature, selon Médecins Sans Frontières qui a décidé de les mettre à l’abri chez des particuliers.

L’association humanitaire a lancé mercredi en Occitanie une opération «hébergement solidaire», destinée à être étendue aux autres régions. Dans le secteur de Toulouse, 14 familles ont déjà répondu à l’appel et le dispositif, mis en place en collaboration avec l'association Accueillons (Utopia 56), doit permettre l’arrivée de 32 nouveaux jeunes tous les mois. Mais l’espoir est de trouver quelque 3.000 en tout dans l’Hexagone.

Les familles peuvent se relayer

Ces adolescents sont pour la plupart originaires d’Afrique de l’Ouest mais aussi d’Afghanistan, du Soudan et d’Erythrée. Entre le dépôt d’un recours pour leur reconnaissance de minorité et le passage devant un juge des enfants, il peut s’écouler « un à 14 mois ». « Il faut compter 5-6 mois en moyenne, précise Corinne Torre, cheffe de mission France MSF, mais les familles pourront se relayer en toute légalité ».

MSF déplore d’autant plus la situation que la moitié des mineurs déboutés d’emblée de la reconnaissance de leur minorité finissent par obtenir gain de cause.